Un tsunami français ?
En glissant un bulletin "non" dans les urnes le 29 mai, les
Français ont rejeté massivement le traité constitutionnel. Un
vote qui a fait l'effet d'une bombe en Europe mais aussi et
surtout dans le paysage politique français. Le Chef de l'Etat
qui était monté en première ligne pour défendre le oui en est
la première victime. Il ressort de ce référendum très affaibli.
Désavoué même. Autres victimes, les partis traditionnels, partisans
du oui : UMP, Parti socialiste et UDF qui sont tous perdants.
Eux aussi désavoués par les Français. C'est la classe dirigeante
dans son ensemble qui est mise sur le banc de touche par le
vote des Français. Politiques, intellectuels, médias, économistes,
artistes… tous partisans du oui certes, sauf que les Français
ne l'ont pas entendu de la même oreille. Le décalage entre une
France du haut et une France d'en bas est bien réel. Réel et
surtout profond. Les leçons du 21 avril n'ont pas été tirées.
Le seront-elles cette fois-ci ? Le nouveau gouvernement désigné
aura fort à faire pour redonner le moral au Français et répondre
aux aspirations d'une France déboussolée. Dominique de Villepin,
le nouveau Premier ministre s'est donné "100 jours pour rendre
confiance aux Français". 100 jours, c'est à la fois peu et beaucoup.
A. de Font-Réaulx