Comment adapter nos villes au besoin de nos concitoyens
et du développement économique ? Un colloque Transport et Avenir
en partenariat avec la Revue Parlementaire*.
L'expansion des villes et son corollaire les déplacements
urbains laissent souvent les élus perplexes. "Comment, sans
s'engager dans un combat anti-voiture qui n'aurait aucun sens
- la voiture restera notre premier mode de déplacement - éviter
l'asphyxie de nos villes" s'interroge Christian Philip,
député du Rhône et président d'Avenir Transports. Cette problématique,
toutes les grandes villes françaises et étrangères le vivent
au quotidien. Pour autant, il existe une réelle difficulté à
voir émerger des politiques volontaristes dans le domaine des
déplacements urbains. "Nous nous sommes engagés dans le retour
du tramway mais nous sommes bien timides sur la politique de
stationnement ou la tarification des déplacements automobiles.
Quand on voit combien l'administration cherche à freiner une
modeste évolution comme la proposition de dépénaliser et décentraliser
le contrôle du stationnement payant sur la voirie, je mesure
la difficulté des élus qui veulent faire évoluer les choses"
ajoute Christian Philip. Au-delà de ces questions, d'autres
inquiétudes persistent. "L'étalement urbain est un risque
très important pour nos villes. Il s'agit d'une grande préoccupation
pour nos collectivités dès lors que les transports urbains ne
répondent plus aux attentes des usagers" explique Denis
Baupin, adjoint au maire de Paris (Vert), chargé des transports.
S'il estime que "les élus locaux doivent être dotés de moyens
plus efficaces pour lutter contre cet étalement urbain",
pour lui, la "priorité des priorités doit être de densifier
les transports collectifs". En ligne de mire la voiture.
Ce qui n'a pas échappé à Arnaud Belloni, directeur marketing
de Fiat auto en France. "A court ou moyen terme, l'automobile
est condamnée en centre-ville" remarque-t-il. Alors que
faire ? Pour le sénateur Roland Ries "il n'y a pas
de réponses techniques aux problèmes de mobilité, il n'y a que
des réponses politiques. Il s'agit de faire des efforts de pédagogie
auprès de nos concitoyens". Louis Gallois, président
de la SNCF préconise quant à lui la solution technique en souhaitant
"le développement de matériels de transport innovants comme
le tram/train". En conclusion et c'est Denis Baupin
qui le dit : "il n'y a pas de solution unique en matière
de déplacement". A chacun, élus, usagers, transporteurs
de proposer, de dialoguer et surtout d'innover.
"Ville et transport : innover pour surmonter les contradictions"
- Colloque annuel d'Avenir Transports - 7 avril 2005