Former les parlementaires du monde entier
au développement durable
Les 22 et 23 avril, une conférence réunissant 150 députés
de 75 pays a eu lieu au Sénat à Paris pour mieux former les
parlementaires au développement durable.
Protocole de Kyoto, directives européennes, sommet de Johannesburg,
la problématique du développement durable se fait chaque jour
plus urgente. Pour aider les parlementaires à mieux légiférer,
l'Union interparlementaire (UIP) et l'Institut des Nations-Unies
pour la Formation et la Recherche (UNITAR) ont lancé une "Initiative
pour un renforcement des capacités des parlements en matière
de développement durable". Cette conférence avait pour but
de faire réfléchir les législateurs sur les responsabilités
et le rôle des parlementaires dans l'avancement des Objectifs
du Millénaire pour le développement (dont la déclaration a été
adoptée lors du Sommet du Millénaire en septembre 2000, et fixait
les objectifs pour 2015).
Les parlementaires mobilisés
D'après Marcel Boisard, Sous-secrétaire général des Nations-Unies
et Directeur général de l'UNITAR, "les relations internationales
sont avant tout des relations intergouvernementales. Mais le
développement durable est devenu l'affaire des Parlements qui
doivent de plus en plus légiférer sur ce sujet", sans compter
que "de nouveaux acteurs comme les collectivités locales
et le secteur public en général revendiquent le droit de participer
aux relations internationales dans ce domaine". Pour Nathalie
Kosciusko-Morizet, cette conférence est nécessaire car il
y a beaucoup de "nouveaux sujets en dehors de la question
traditionnelle des déchets. Par exemple, la disparition de la
biodiversité, le changement climatique, la consommation responsable".
D'où la nécessité d'informer les parlementaires sur ces enjeux.
"Cette initiative de l'UNITAR vise à former mais aussi à
donner assistance aux pays concernés. Elle doit permettre de
développer des réseaux et de multiplier les échanges dans les
négociations internationales au niveau de l'environnement".
"En imitant les autres, souvent, on innove" a ajouté le
Directeur général de l'UNITAR, avant de préciser : "Trop
longtemps, les organisations internationales ont décidé de ce
qu'étaient les besoins des pays. On essaie de faire que les
Parlements décident eux-mêmes désormais de leurs besoins".
Identifier les domaines de priorité
Trois sujets principaux ont été définis : la gestion de
l'eau, le commerce pour le développement durable, l'énergie
et les changements climatiques. Les groupes de travail interparlementaires
devaient dégager à l'intérieur de ces sujets les domaines de
priorité sur lesquels former les législateurs. A partir des
ces résultats, l'UNITAR et l'UIP travailleront sur la mise en
place de cours et séminaires au niveau national, régional et
interrégional.
L'UNITAR et l'UIP ont signalé le succès de leur initiative,
en raison de la participation massive des parlementaires invités
(deux parlementaires par pays avaient été invités). Le sénateur
Robert del Picchia a souligné les origines très diverses
des parlementaires présents (Niger, Mali, Egypte, etc.), en
expliquant que le développement durable n'était pas un problème
de pays "riche", mais "une démarche universelle. Le
développement durable est une symbiose entre écologie et économie.
Il est irréaliste de parler de développement durable si on ne
réduit pas la pauvreté". Une initiative à suivre…
Quelques conclusions des groupes de travail
Gestion de l'eau
Nécessité de créer une plate-forme pour assurer l'échange
d'expérience en matière d'utilisation durable de l'eau.
Nécessité de créer 7 groupes régionaux de parlementaires
dans le monde pour identifier les besoins individuels des pays
en termes financiers et techniques.
Commerce pour le développement durable
Identification des experts auxquels les parlementaires
peuvent recourir
Mise en réseau des expériences internationales
Energie et changements climatiques
Le parlement devrait être investi de plus de pouvoir
que l'exécutif.
Améliorer le contrôle du Parlement sur les organisations
internationales.