L'appel à projets sur les pôles de compétitivité lancé le
4 décembre 2004, s'est clôturé le 28 février. Pas moins de 105
candidatures ont été déposées. Premiers éléments d'appréciation.
Pour le ministre de l'Équipement, de l'Aménagement du territoire,
du Tourisme et de la Mer, Gilles de Robien et pour son
collègue de l'Industrie, Patrick Devedjian, "ce grand
nombre de candidatures témoigne de la volonté des acteurs économiques
français, qu'il s'agisse des entreprises, des centres de recherche
ou des instituts de formation, de travailler ensemble pour mettre
en commun leur savoir et leur savoir-faire". Au-delà, cet
appel à projets a permis à beaucoup d'acteurs de renouveler
le dialogue avec leurs pairs conduisant, par delà leurs différences,
à des rapprochements de confiance autour d'une stratégie et
surtout de la volonté de mener à bien des projets communs. "Signe
également de cet esprit de coopération, près d'un quart (26)
des projets sont interrégionaux associant pour l'essentiel des
partenaires de deux voire trois régions" ajoutent les ministres.
Des candidatures réparties sur l'ensemble du territoire
Après dépouillement des dossiers de candidature, le premier
enseignement est la grande diversité des secteurs d'activité,
couvrant un large spectre de l'économie nationale. "Pratiquement
tous les secteurs d'activité sont représentés, qu'il s'agisse
de haute technologie, d'industries plus traditionnelles ou de
l'agriculture et de l'agroalimentaire" indique-t-on au ministère
de l'Équipement.
Les candidatures sont réparties sur le territoire suivant les
spécialisations régionales. Il en va ainsi des candidatures
de l'aéronautique/spatial/ défense qui concernent 5 régions,
du textile technique (2 régions) ou de la logistique/mobilité
(5 régions). A l'inverse les candidatures dans le secteur agriculture/
agroalimentaire impliquent 15 régions, "reflétant leur relative
dispersion sur le territoire". C'est aussi le cas dans le
secteur matériaux/ plasturgie/chimie ou les bio-technologies/
santé/nutrition qui impliquent 13 régions.
Deuxième constatation, les candidatures interrégionales révèlent
quant à elles l'organisation géographique des filières dans
un secteur d'activité. Ainsi, le secteur automobile/ferroviaire/
propulsion ne comporte que des candidatures interrégionales,
montrant à la fois la répartition de la filière sur le territoire
national, mais également les interdépendances entre ses acteurs.
De même, 70% des régions impliquées dans le secteur matériaux-plasturgie-chimie
ont fait le choix de proposer des candidatures interrégionales.
Dans le secteur de la mécanique-microtechnique ou de l'équipement
du foyer et de la personne, ce taux est de 66%, et de 50% dans
la biotechnologie-santé-nutrition.
La sélection des nominés
Si pour les ministres à l'origine de l'appel à candidature "cette
diversité de candidature témoigne du dynamisme de l'ensemble
de l'économie française sur tout le territoire national, et
de la capacité de chacun des acteurs à se mobiliser pour mettre
en commun leur énergie au service de projets d'envergure"
la route est encore longue et semée d'embûches pour voir enfin
aboutir ces pôles de compétitivité. La première étape sera déjà
de sélectionner les meilleurs candidats. Sur 105 dossiers, seuls
entre dix et vingt devraient être retenus. Ces pôles désignés
devront permettre au pays d'occuper "les créneaux technologiques
à haute valeur ajoutée et portés par une dynamique mondiale
forte". Mais ce succès est à double tranchant. Au regard
des seuls dossiers retenus, les déceptions seront grandes. Ils
sont quelques-uns à dénoncer le soutien quasi assuré, voire
automatique à des pôles de compétence déjà existants tels que
Grenoble (électronique), Toulouse-Bordeaux (aéronautique et
espace) ou encore Orsay (optique). Pourquoi ne soutenir que
ceux là, s'interroge- t-on ? Sur ce point, le ministère des
Transports et de l'Aménagement du territoire ne fait pas mystère
de ses choix. Il ne s'agit pas d'être là pour remédier à tous
les problèmes. "L'idée est de se renforcer là où nous sommes
déjà forts", explique-t-on en substance au ministère.