La relation économique franco-russe
: état des lieux
Restaurer le climat de confiance, c'est la réflexion qui prédomine
dans de nombreux cercles économiques franco-russes*. Mais cette
volonté de dialogue et d'intensification des échanges commerciaux
se heurte aujourd'hui à une image détériorée de la Russie auprès
de la communauté internationale. L'affaire Youkos, la tragédie
de Beslan, l'échec de la politique russe en Ukraine, l'hyperconcentration
du pouvoir ont mis à mal le capital sympathie du président Poutine.
Boris Titov, président du syndicat des PME russes Delovaia
Rossia, évoque, au-delà des difficultés politiques, certaines
conditions économiques dissuasives pour les investisseurs étrangers
: manque de transparence dans les relations commerciales en
Russie, qualité douteuse de la croissance, due en très grande
partie aux succès du secteur des hydrocarbures.
Ajoutons à cela un système fiscal peu adapté… C'est autant de
freins au développement des PME. Toutefois, et les intervenants
sont unanimes : il est moins difficile de travailler en Russie
aujourd'hui qu'il y a encore quelques années. "Les réformes,
aussi lourdes qu'elles soient, mais indispensables, suivent
leur cours, et l'ouverture de l'économie russe à l'extérieur
continue pas à pas", affirme Igor Yourguens, vice-président
de RSPP (MEDEF russe). Les entreprises françaises sont loin
de se désintéresser des opportunités offertes par cet immense
pays. L'augmentation de 20% des exportations françaises vers
la Russie l'année dernière et l'arrivée des PME sur le marché
russe sur les pas des grands groupes en sont la preuve. Mais
les mécanismes de soutien aux échanges commerciaux sont-ils
suffisants ? Selon Sergueï Mndoiants, secrétaire général
de l'association de dialogue Franco-russe, en dépit des bonnes
relations au niveau présidentiel, il y a un besoin d'une structure
permanente, non-gouvernementale, dont le travail ne serait pas
subordonné aux rencontres aléatoires des organisations patronales,
ni aux fluctuations des structures gouvernementales, comme c'est
aujourd'hui le cas avec le CEFIC.
Irina Grankina
* Table ronde organisée le 17 mars dernier à Paris par l'agence
de presse russe RIA Novosti et l'Institut français des relations
internationales
en bref
Conseil de sécurité
Pour faire face aux défis du XXIème siècle mais aussi pour répondre
aux scandales qui ont entaché l'ONU cette dernière année, Kofi
Annan a présenté un vaste projet de réforme. Cette réforme
propose notamment d'élargir le Conseil de sécurité à 24 membres
contre 15 aujourd'hui, une nouvelle définition du terrorisme,
la création d'une commission d'édification de la paix et le
remplacement de la Commission des droits de l'homme. La réforme
sera longuement discutée et amendée avant d'être présentée en
septembre aux 191 membres de l 'Assemblée générale et aux Chefs
d 'États réunis en sommet.
Soyouz à Kourou
Le 21 mars ont été signées par le Premier ministre Jean-Pierre
Raffarin, les ministres Thierry Breton (Économie), François
d'Aubert (Recherche), l'Agence spatiale européenne (ESA), Arianespace
et la Banque européenne d'investissement (BEI), les conventions
permettant le lancement à partir du centre spatial de Kourou
(Guyane) des fusées russes Soyouz. Ces conventions concrétisent
l'accord franco-russe du 7 novembre 2003 sur l'implantation
lanceur russe en Guyane. Un accord de coopération a été également
signé le 19 janvier 2005 entre l'ESA et l'agence spatiale russe.
A partir du premier semestre 2008, deux à trois satellites par
an seront mis en orbite par le lanceur russe Soyouz décollant
de Kourou.
Tibet
Répondant à l'invitation du président de l'Assemblée nationale
Tibétaine, 12 députés du groupe d'études de l'Assemblée nationale
sur les problèmes du Tibet, conduits par leur président Lionnel
Luca, (UMP-Alpes-Maritimes) ont effectué une visite de 3
jours à Dharamsala (Inde) du 22 au 25 mars. Ils ont pu y rencontrer
leurs homologues tibétains qui siègent deux semaines durant
la session de printemps, ainsi que le Premier Ministre du gouvernement
tibétain et Sa Sainteté le Dalaï-Lama. Ils ont eu par
ailleurs l'occasion de découvrir tous les aspects de la société
tibétaine qui s'est reconstruite en exil.