Le Ministre et le Secrétaire d'Etat chargés de l'Aménagement
du territoire viennent de lancer une réflexion, en relation
avec des parlementaires, sur des thèmes touchant à la vie quotidienne
des Français.
La France change en profondeur. Le recensement de la population
effectuée par l'Insee selon une nouvelle méthode et rendu public
au mois de janvier dernier, bouleverse bon nombre d'idées reçues
et met en évidence une nouvelle donne démographique qui s'accompagne
d'une répartition inédite de la population sur le territoire
national. A côté des régions du Midi toujours dynamiques, les
régions de l'ouest s'affirment comme un nouveau pôle d'attraction,
cependant que les populations d'Auvergne et du Limousin ont
cessé de décroître en attirant même des migrants. Dans toutes
les régions, les communes rurales proches ou loin des villes
gagnent de la population. Dans le même temps, la population
des villes-centres d'agglomérations s'accroît de nouveau. "Les
Français marquent donc leur choix à la fois pour des campagnes
vivantes et des villes plus denses".
L 'émergence de nouveaux problèmes
Pour Gilles de Robien, le ministre de l'Équipement, des
Transports, de l'Aménagement du territoire, du Tourisme et de
la mer, il était donc nécessaire d'intégrer cette nouvelle donne
démographique dans "une politique ambitieuse de l'aménagement
du territoire" qui doit permettre à tous les territoires
de préserver leurs chances de développement économique, social
et culturel. "Il ne doit pas y avoir de fracture territoriale.
On ne peut se satisfaire d'une France dont certaines régions
seraient en rupture" insiste le ministre, et le secrétaire
d'Etat à l'Aménagement du territoire, Frédéric de Saint Sernin
d'ajouter : "nous ne voulons pas que des effets d'aubaine
profitent à certains et pas à d'autres". En appuie de cette
volonté, le ministre met en avant les différentes actions déjà
menées sous l'égide de son ministère. "Nous veillons à couvrir
l'ensemble du territoire par le haut débit ; nous supprimons
les zones blanches en matière de téléphonie mobile et nous mettons
en place les pôles de compétitivité qui sont la meilleur réponse
pour nos entreprises d'exister, de se développer et de ne pas
avoir envie de se délocaliser" indique-t- il. Pour autant
cette nouvelle carte de la France a fait émerger de nouveaux
problèmes à gérer comme le risque d'atteinte au paysage, la
maîtrise d'une politique de déplacement, la contestation des
activités économiques traditionnelles par de nouveaux ruraux
à la recherche de calme. Cette très forte pression sur les espaces
agricoles en zone urbaine remet en cause les équilibres antérieurs
dans des régions entières. "Tous ces phénomènes souterrains
marquent une véritable rupture historique et génèrent de nouvelles
habitudes de vie, des tensions foncières et immobilières voire
un encombrement de certaines zones menaçant les paysages".
Aussi, le ministre souhaite aller plus loin. "Le temps est
celui de la prospective" a-t-il expliqué en présentant les
six thèmes de réflexion (voir ci-dessous) qui seront examinés
par des parlementaires. "On a pensé que les parlementaires
avec leur bon sens, leur expérience de terrain, parce qu'ils
vivent au quotidien les mutations du territoire seraient le
plus à même de répondre aux questions qui ce posent aujourd'hui"
justifie de son choix Gilles de Robien. Le ministre les
a appelé à "être ouverts et audacieux dans leur réflexion".
Les parlementaires après examen des questions posées en régions
formuleront des analyses et des propositions en terme d'actions
nationales de toute nature. Cette étude prospective devrait
s'étaler sur quelques semaines avant d'être discutée à l'occasion
d'un colloque qui se tiendra à Paris le 12 mai prochain. Pour
le ministre ce sera alors le point de départ "d'une politique
ambitieuse d'aménagement du territoire qui a pour objet de lutter
contre les inégalités territoriales et de donner toutes leurs
chances aux territoires". Avec une telle démarche, "ce
que nous voulons, c'est répondre au plus près aux préoccupations
des territoires" explique Frédéric de Saint Sernin ce qui
n'interdit pas d'ailleurs, note le ministre "de revoir, modifier,
ou faire évoluer les outils aujourd'hui disponibles". Réponse
le 12 mai.
Les thèmes de réflexion des parlementaires
Tensions foncières et conflits d'usage entre autochtones et
nouveaux arrivants Jean-Léonce Dupont, sénateur du Calvados, conseiller
municipal de Bayeux, premier vice-président du Conseil général
du Calvados
Comment alterner densité et espaces ouverts dans la ville
? Christian Cambon, sénateur du Val-de-Marne, maire de
Saint Maurice, conseiller régional d'Île-de-France, président
de la communauté de communes de Charenton-Saint Maurice, vice-président
de l'Association des maires d'Île-de-France
Faire bénéficier les villes moyennes des retombées positives
des métropoles Brigitte Barrèges, député du Tarn-et-Garonne, maire
de Montauban, vice-présidente de l'AMF
Réflexion prospective sur le fonctionnement de la démocratie
locale Jacqueline Gourault, sénateur du Loir-et-Cher, maire
de la Chaussée Saint Victor et vice-présidente de la communauté
d'agglomération de Blois
Utiliser au mieux les infrastructures pour le développement
économique local Robert Lecou, député de l'Hérault, maire de Lodève,
président de la communauté des communes du Loudevois
Construire des bassins de vie traversant les frontières européennes Arlette Grosskost, député du Haut-Rhin, vice-présidente
du Conseil régional d'Alsace