L'appel à candidatures lancé par le Gouvernement pour les
pôles de compétitivité est clos depuis le 28 février. Près d'une
centaine de dossiers ont été déposés. Peu seront élus.
"Favoriser la croissance et l'emploi par la synergie territoriale"
tel est l'objectif premier des pôles de compétitivité. Un projet
d'envergure lancé par le Gouvernement qui est la suite logique
du rapport du député des Yvelines Christian Blanc"Pour
un écosystème de la croissance" remis au Premier ministre
en avril 2004. Déjà à l'époque, en réaction à ce rapport, Jean-Pierre
Raffarin s'était déclaré "convaincu que d'importantes
réserves de croissance et d'emploi résidaient effectivement
dans la capacité des territoires à mieux fédérer les divers
acteurs des filières économiques au sens le plus large, notamment
l'université, les laboratoires publics de recherche, les entreprises,
leurs partenaires et prestataires de service". Le 14 septembre
2004, le Comité interministériel d'aménagement et de développement
du territoire (CIADT) souhaitait la constitution de pôles de
compétitivité regroupant sur des espaces géographiques donnés,
des entreprises, des unités de recherche et des centres de formation
engagés sur des projets innovants à l'envergure internationale.
L'appel d'offre a été lancé officiellement par Gilles de
Robien, le ministre de l'Équipement, des Transports, de
l'Aménagement du territoire, du Tourisme et de la Mer le 2 décembre
2004. Soumis à examen des préfets de région, des directions
régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement
(DRIRE) et d'un groupe de travail interministériel, une première
liste "d'heureux élus" devrait être validée d'ici la
mi-mai pour aboutir à une "short list" de moins d'une dizaine
de noms. D'où la volonté de chacun des compétiteurs à défendre
avec acharnement son dossier, jugé bien évidemment comme "le
meilleur de tous". D'ores et déjà, certains territoires
ont la quasi certitude d'obtenir le précieux label. On parle
de l'Île-de-France (pôle logiciels et systèmes complexes mais
aussi biotechnologies), la région Rhône-Alpes et Grenoble-Isère
en particulier (pôle micro et nano-technologies) et Midi-Pyrénées-Aquitaine
(pôle espace et systèmes embarqués). D'autres noms circulent
comme la Bretagne (agroalimentaire), la région PACA (électronique),
le Nord-Pas-de-Calais (Transport) ou encore la Basse-Normandie
(électronique), les Pays de la Loire (matériaux). Mais après
l'engouement suscité par cette opération, une centaine de dossiers
pour une dizaine d'élus, le gouvernement aura fort à faire pour
soutenir les nombreux "déçus".
Dominique Brière
Vu par…
Brigitte LE BRETHON, Maire de Caen, Député du Calvados
Le 28 février, le comité de pilotage et l'ensemble des membres
du pôle Transactions Électroniques Sécurisées ont déposé solennellement
à la préfecture de Région Basse-Normandie le dossier de candidature
aux pôles de compétitivité.
La ville de Caen soutient la candidature du pôle Transactions
Électroniques Sécurisées. Pouvez-vous nous en dire plus sur
ces technologies ?
Les TES se définissent comme l'ensemble des techniques électroniques,
informatiques et télématiques permettant d'effectuer des échanges
d'informations, sûrs et en confiance. Ces technologies de pointe
concernent de nombreuses applications du quotidien comme les
cartes bancaires, de fidélité et de vie quotidienne (carte Sesam
Vital, carte électronique d'identité,…). Aujourd'hui, ces technologies
s'ouvrent à de nouveaux champs d'application à l'image du projet
"Caen, ville NFC" dont le déploiement permettra prochainement
aux Caennais de disposer d'une gamme de service extrêmement
large et attractive par l'intermédiaire de leur téléphone mobile,
comme l'accès aux infrastructures sportives et culturelles de
la ville.
Que peut-on attendre d'une labellisation de ce pôle ?
La filière bas-normande fait déjà état d'un bilan remarquable
en raison de l'explosion, ces dix dernières années, du parc
de mobiles et de cartes bancaires. Pour accroître ce potentiel,
les acteurs du pôle se mobilisent pour structurer cette filière
en pleine expansion et ambitionnent de devenir la référence
européenne en matière de R&D, de formation et de développement
industriel. De fait, elle dotera la région d'un centre de compétences
favorisant le développement des projets et l'implantation d'entreprises
étrangères. Dans la bataille que se livrent les Etats-Unis et
l'Asie pour la conquête du marché des technologies numériques
- aujourd'hui estimé à 3 000 milliards d'Euros par an - les
TES représentent également une chance sérieuse d'imposer un
label "Made in France" dans un marché fortement créateur de
richesses et d'emplois.
Enfin, au-delà de toute considération économique, labelliser
ce pôle c'est assurer à la France, la maîtrise de technologies
clés dont dépend la souveraineté des individus, des entreprises
et de l'Etat.