Les 2èmes rencontres parlementaires pour la maîtrise de
l'énergie se sont tenues le 10 février dernier sur le thème
de "la France à l'heure de la maîtrise de l'énergie et des énergies
complémentaires". Compte rendu.
Assurer l'indépendance énergétique du pays tout en intégrant
les contraintes de l'environnement et en permettant la mise
à disposition au meilleur prix, c'est aujourd'hui la problématique
posée en matière de maîtrise de l'énergie. "Les contraintes
qui pèsent sur les choix de politique énergétique sont donc
importants et relèvent avant tout de la disponibilité de l'énergie"
souligne Claude Gatignol, député de la Manche et président
des ces rencontres. Or c'est justement cette disponibilité qui
pose problème notamment en ce qui concerne l'énergie fossile,
"dont les réserves sont localisées et limitées". Autre
point à prendre en compte, le niveau de vie qui lorsqu'il s'élève
a pour conséquence une augmentation de la consommation d'énergie.
"Il est donc primordial de prévoir la demande et la mise
à disposition" précise Claude Gatignol. Au-delà de
cette question d'approvisionnement, l'émission de Co2 a été
montrée du doigt. L'accumulation de gaz carbonique faisant courir
des risques de variation climatique, il importe de réduire sa
production globale. André Merlin, directeur de RTE mais
s'exprimant en qualité de président du Forum européen du transport
et de l'énergie a fait remarquer que "le secteur des transports
est aujourd'hui responsable de 40% des émissions de Co² ".
S'agissant de cette question, André Douaud, directeur
technique du Comité des Constructeurs français a tenu à souligner
les progrès réalisés par les constructeurs. "En matière de
pollution locale, pour laquelle le législateur a mis en place,
20 règlements en 30 ans, la réduction se situe de 80 à 90%.
C'est l'âge du parc qui limite les progrès" a-t-il expliqué.
Après le transport, l'habitat.
La relance de la politique d'énergie
Une deuxième table ronde était consacrée à l'efficacité énergétique
domestique, placée sous la présidence du député François
Scellier qui a rappelé que "le secteur du bâtiment consomme
43% de l'énergie finale totale consommée en France". Mais
si la consommation "explose" et l'émission de CO2 avec,
dans ce domaine des solutions existent (réhabilitation des logements).
Michèle Pappalardo, présidente de l'ADEME estime quant
à elle que "le consommateur peut lui-même agir pour réaliser
des économies substantielles notamment avec des appareils domestiques
économes, la régulation de la température dans son logement,
etc.". Toutefois Nicole Lebrun, administratrice de
UFC Que choisir regrette que "ces comportements vertueux
soient contrariés par le prix des équipements ou la difficulté
de régler la température dans les immeubles collectifs".
En conclusion, Patrick Devedjian, le ministre délégué
à l'Industrie a rappelé les trois axes qui guident son projet
de loi sur l'énergie : la relance de la politique d'énergie,
"l'énergie la moins coûteuse est celle que l'on ne consomme
pas. L'Etat va favoriser l'utilisation des transports collectifs
et la réduction des consommations des véhicules et des avions"
a expliqué le ministre ; l'accroissement de la place des énergies
renouvelables, "L'objectif de 21% d'électricité produite
à partir d'énergies renouvelables s'impose à tous. L'éolien,
la biomasse et les bio gaz y contribueront et des appels d'offre
ont déjà permis de retenir 15 projets" et le renforcement
de la recherche dans les nouvelles technologies de l'énergie
avec notamment l'Agence de l'innovation industrielle qui sera
opérationnelle dès juin 2005.
La hausse des prix de l 'énergie :pourquoi et jusqu'où ?
En décembre 2004, François-Michel Gonnot, député de l'Oise
et président du Club Énergie et développement organisait un
colloque sur le thème du prix de l'énergie. Cette rencontre
a permis un débat entre de hautes autorités politiques et industrielles
mettant ainsi en avant tous les enjeux que recouvrent cette
question. Les interventions de ce colloque sont réunies dans
un ouvrage que vous pouvez vous procurer auprès du Club Énergie
et développement - Tél : 01 43 43 24 23