Exilé en France depuis quatorze ans, le général Michel Aoun
vient d'annoncer son retour au "pays du Cèdre" à l'occasion
des élections législatives du printemps prochain.
"Je vais rentrer au Liban très prochainement, avant les élections
législatives, et ce de façon classique ou non classique".
Visiblement satisfait de son petit effet, l'ancien commandant
en chef de l'armée libanaise et ancien Premier ministre n'a
pas souhaité apporter plus de précision sur ce retour programmé
au pays. "La confusion fait partie du jeu" a-t-il simplement
ajouté. Si son exil forcé "qui va à l'encontre des principes
des droits de l'homme" l'a "condamné au silence"
en France, devoir de réserve oblige, le général Aoun n'a jamais
abandonné l'idée d'un retour au Liban. Obligé de demander l'asile
à la France en 1990 après avoir dénoncé les accords de Taef
"imposé par la force aux Libanais" en 1989, le général
Aoun n'a jamais cessé de condamner "l'occupation syrienne".
Depuis, l'ancien Premier ministre a parcouru le monde entier
pour alerter l'opinion internationale. Jusqu'à ce jour de septembre
2004 qui a vu la résolution 1559 de l'ONU votée à l'initiative
de la France et des Etats-Unis. Résolution qui réitère l'appel
du Conseil de sécurité "à un strict respect de la souveraineté,
de l'intégrité territoriale, de l'unité et de l'indépendance
politique du Liban" et qui exige le retrait de toutes les
forces étrangères du Liban. "Malheureusement, la Syrie reste
indifférente et refuse d'appliquer le droit international"
s'indigne le général. Fort de ce constat, Michel Aoun
a choisi de soutenir l'opposition et de rentrer au Liban.
Le Liban plongé dans l'incertitude
Même s'il n'a pas encore décidé s'il se présenterait ou non
comme candidat, le général Aoun entend bien bouleverser la donne
politique libanaise. Un bouleversement qu'il n'avait sans doute
pas prévu est survenu peu de jours après cette conférence de
presse. L'ancien Premier ministre Rafic Hariri était assassiné
au Liban plongeant une nouvelle fois le pays dans l'incertitude
et l'inquiétude. Pour le général Aoun il ne fait aucun doute
que cet attentat "a été commandité par la Syrie. Rafic
Hariri s'était prononcé peu de temps avant sa mort pour
un retrait des troupes syriennes du Liban, une prise de position
qui pourrait être à l'origine de son assassinat. A chaque fois
que l'on voulait faire sortir les Syriens du Liban, il y avait
une série d'attentats et ça visait des personnes qui s'opposaient
à la Syrie" a rappelé le général Aoun sur France-Info. Tout
en confirmant son retour, il s'est en outre prononcé pour que
les élections législatives prévues en avril et mai prochains
soient suspendues tant que les troupes syriennes n'ont pas quitté
le Liban.
L'accord de Taëf ou "pacte de coexistence" qui réaffirme l'unité,
la liberté et l'indépendance du Liban préconisait la fin des
hostilités, le désarmement des milices, une nouvelle formule
de partage du pouvoir, le retrait des troupes syriennes jusqu'à
la Bekaa, l'élection d'un nouveau président et le droit pour
chaque Libanais déplacé de regagner le lieu de sa résidence
d'origine.
Antoine de Font-Réaulx
Afrique et Initiative privée
A l'initiative de l'Association des diplômés de l'Essec,
le 27 janvier dernier a eu lieu au Sénat la 2 ème édition du
colloque "Afrique S.A." sur le thème "Ensemble dynamisons le
secteur privé".
"Un intitulé qui est à lui seul tout un programme pour ne
pas dire un défi". Pour autant, ce colloque s'inscrit bien
dans la continuité de la démarche de réflexion qui s'est engagée
depuis maintenant quelques années entre les entreprises, les
bailleurs de fonds et les gouvernements afin de contribuer à
dynamiser et rendre plus performant le secteur privé en, Afrique.
Aussi, pour atténuer le fossé économique qui se creuse entre
le nord et le sud, pour alléger la pression migratoire qui s'exerce
sur les pays européens, le président du Sénat, dans un message
lu a expliqué que la voie la plus crédible est de "créer sur
place les conditions de la prospérité économique et d'une stabilité
politique durable". Mais cela exige la mobilisation "en Afrique
même, de la société civile et du secteur privé, en particulier
celle des PME". Le constat est le même pour Didier Désert,
le président d'honneur d'Afrique S.A. qui note que "l'Afrique
a d'abord et avant tout besoin d'initiative privée"."Les entrepreneurs
doivent porter leur regard au-delà des frontières nationales
ou européennes, non seulement pour y gagner des parts de marché
mais aussi, quand ils le peuvent pour apporter leur contribution
au développement" concluait Christian Poncelet. Afrique SA : Tél : 01 56 91 20 20 / E-mail : afrique@essecmde.com