Trois mois après leur retour en France, les rapatriés attendent
toujours d'être indemnisés.
Ils sont près d'une centaine de petits commerçants et artisans,
regroupés au sein de l'Association de Défense des Entreprises
sinistrées de Côte d'Ivoire (ADESCI) à avoir tout perdu à la
suite des événements de Côte d'ivoire de novembre 2004. "Tout
perdu, c'est non seulement nos biens personnels mais surtout
nos entreprises qui ont été pillées, saccagées, réduites en
cendres" explique Marc Balzer, le président de l'ADESCI.
Aujourd'hui, trois mois après les événements, ils se sentent
oubliés. Depuis leur retour précipité en France, ils vivent
encore avec le RMI et une aide de 750 euros par personne qui
leur a été versée au titre de subvention de reclassement. Des
aides qui rentrent dans le cadre de la loi de 1961 sur les rapatriés
d'Algérie. Or, l'ADESCI souligne que ce qui est perçu "n'est
pas à la hauteur de ce que nous avons perdu". Le préjudice
est évalué à 50 millions d'euros. "Ce que nous voulons, c'est
le respect des engagements. Nous exigeons une véritable indemnisation
dans le cadre d'une loi nouvelle par exemple" insiste Marc
Balzer. Mais aujourd'hui, les prises de contacts, la démarche
consensuelle ne semblent plus être à l'ordre du jour. Le ton
se durcit. Les attaques à l'encontre la France et de l'armée
française fusent. "Nous avons subit les affres de la politique
internationale, qu'ils assument et qu'ils s'occupent enfin de
nous" s'emporte un commerçant. "Nous n'avons plus rien
à perdre" renchérit Marc Balzer. Sans réponse sur
l'aspect indemnitaire, l'ADESCI, qui vient de s'adjoindre l'aide
d'un cabinet d'avocats est entrée dans une deuxième phase plus
formalisée. Pour autant, l'action en justice n'est pas (encore)
à l'ordre du jour, "nous ne voulons pas faire un procès pour
un procès. Nous voulons négocier et ne pas rentrer dans le domaine
du contentieux" tempère leur avocat, Me Nahmias. "Nous
allons réactiver nos contacts, interpeller les élus en régions
et entreprendre une vraie négociations avec le gouvernement"
complète Marc Balzer.
Antoine de Font-Réaulx
En bref
Rapport
Le rapport de l'Inspection générale des Affaires étrangères
pour l'année 2004 est disponible sur le site du ministère (www.diplomatie.gouv.fr).
Ce rapport est rendu public pour la deuxième fois dans un souci
de transparence et d'ouverture. L'Inspection générale y décrit
les observations et recommandations tirées de ses missions d
'inspection des postes diplomatiques,consulaires et culturels
français et des audits réalisés en administration centrale.
Dans le cadre de la modernisation du ministère, ce rapport traite
en particulier des thèmes de l'adaptation de notre dispositif
à l'extérieur et du travail en réseau, de la gestion des ressources
humaines et des conséquences de la réforme de l'aide au développement.
Irak
Les 26 membres de l'OTAN vont contribuer à la formation de la
nouvelle armée irakienne. La décision a été prise fin février
à l 'occasion du sommet extraordinaire de l'OTAN en présence
de George W. Bush. L'objectif de cette mission, dont le principe
a été décidé en juin dernier au sommet d'Istanbul, est de former
des stagiaires en Irak et à l'extérieur dans les écoles et centres
de formations de l'OTAN en Europe. Le coût est estimé à 90 millions
d'euros pour 2005 et 2006. La France, l'Allemagne et les autres
pays qui se sont opposés à la guerre en Irak participeront à
cette mission sans envoyer d'instructeur en Irak. Leur participation
consistera à la formation des soldats irakiens en dehors du
pays et en finançant des opérations. La France qui contribue
à hauteur de 2 millions d'euros en 2005 a proposé de former
1500 stagiaires.