Le commerce extérieur français
sur la mauvaise pente
François Loos, ministre délégué au commerce extérieur, se
voulait encourageant dans sa présentation des résultats du commerce
extérieur français pour 2004. Il a donc tenté de faire oublier
que notre commerce extérieur essuyait cette année les plus mauvais
résultats qu'il ait connus depuis 1992.
Avec un solde négatif de 7,8 milliards d'euros pour 2004 et
une croissance lente de 5,6% à la traîne derrière le taux de
croissance de 11% du commerce mondial, les 100 000 entreprises
françaises qui exportent peinent dans l'arène mondiale. La lente
augmentation des exportations françaises, qui atteignent 341
milliards d'euros, ne permet pas de rattraper les 349 milliards
d'euros d'importations, qui ont enregistré 8,6 % de croissance
ces douze derniers mois.
Le déficit du commerce extérieur ne serait pourtant pas si alarmant,
d'après le ministre : "Le déficit ne doit pas masquer le
dynamisme des exportations qui atteignent en 2004 leur plus
haut niveau historique. Le déficit résulte d'une forte progression
de nos importations, qui s'explique par l'augmentation des prix
de l'énergie et des métaux et par la bonne tenue de la consommation
intérieure". Il s'agirait donc d'un déficit "dynamique",
due à une consommation intérieure française forte … de produits
étrangers.
Un déficit "dynamique"
Au nombre des gagnants, la Chine, notre 1er déficit commercial
avec 11,5 milliards de dollars. Bien que nos exportations vers
l'Asie aient crû de 11% et que nous vendions aux Chinois des
produits à forte valeur ajoutée (aéronautique et aérospatiale,
machines, matériel électrique, équipements mécaniques), la Chine
noient nos efforts en nous abreuvant de matériel de bureau,
de vêtements et autres articles de sport. Notre deuxième déficit
s'élève à 11,4 milliards d'euros et est conclu avec l'Allemagne.
Un déficit également creusé par la facture pétrolière, encore
plus salée de plus de 27%. En monnaie sonnante et trébuchante,
ce sont donc 23 à 29 milliards d'euros qui disparaissent en
achat de pétrole.
L'industrie française est-elle moins compétitive ? Les exportations
ont pourtant augmenté de 5,6% malgré la hausse du pétrole et
la baisse du dollar. "L'automobile et l'aéronautique sont
un peu les héros de l'année" expliquait François Loos,
chiffrant l'excédent commercial du secteur automobile à 10,4
milliards. L'excédent des ventes de boissons culmine à 7,4 milliards
de dollars.
Termes de l'échange
Pourtant, les exportations françaises auraient dû atteindre
les 8% d'augmentation compte tenu de la demande formulée. Une
lenteur à attribuer au manque de force de frappe des entreprises
françaises, qui ne sont que 100 000 à convoiter les marchés
étrangers contre 200 000 en Allemagne et 170 000 en Italie.
Elles ont également de la peine à investir les nouveaux mondes,
puisque les deux tiers des exportations françaises sont toujours
dirigés vers l'Union européenne. Concernant les nouveaux États
membres ("NEM"), la France semble avoir fait une percée puisque
les échanges commerciaux avec les "NEM" enregistrent un solde
positif de 2 milliards d'euros. Sans oublier les excédents que
l'on peut revendiquer avec la Grande-Bretagne (8,5 milliards
d'euros) et l'Espagne (7,4 milliards d'euros).
"1 000 nouvelles entreprises françaises" à l'export
En accord avec certaines professions, des "plans sectoriels"
sont mis en place. C'est le cas de la chimie ou de l'industrie
agroalimentaire, qui doit remédier à ses piètres performances
pour 2004 : une croissance zéro de ses exportations. Une dizaine
de millions d'euros seront investis dans ces plans sectoriels
pour 2005-2006. Favoriser les Volontariats Internationaux en
Entreprises (VIE) et développer les contrats d'emploi export
et les crédits d'impôts, telles sont les nouvelles orientations
privilégiées pour que les entreprises aillent "chasser en meute"
sur les marchés étrangers.