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"Mes parents voulaient que je sois institutrice". Finalement,
Chantal Brunel sera chef d'entreprise et députée. Il
y a comme un esprit rebelle, une volonté d'indépendance et de
résistance chez cette élue de la huitième circonscription de
Seine-et-Marne (Champs, Torcy, Noisiel) décrite par ses pairs
comme une "bosseuse". Fille de médecins (père et mère), destinée
à faire carrière dans l'éducation nationale, elle fait ses armes
en sociologie. C'est à Nanterre. Nous sommes en mai 1968 et
la jeune fille, 20 ans à l'époque, est élue au Conseil de faculté.
Elle croise le fer avec Daniel Cohn-Bendit, s'opposant
à lui en qualité de gardienne de la pensée bourgeoise éclairée.
C'est ce qui lui vaut, après quelques tribunes publiées dans
des quotidiens nationaux, d'être intégrée dans les groupes de
réflexions qui fleurissent un peu partout dans la mouvance des
gaullistes de gauche. Il en reste aujourd'hui encore une fibre
sociale assez prononcée mais là encore toute personnelle.
Pourtant membre de la délégation de l'Assemblée nationale aux
droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes
et les femmes, elle estime que la parité et le féminisme sont
de faux débats. "Seul celui de l'efficacité compte",
tranche-t-elle, regrettant que la loi Génisson ne soit pas appliquée.
"En politique, les femmes sont moins politiciennes, au sens
'intrigantes' et développent moins l'esprit de clan. Il existe
une plus grande solidarité sur le plan humain", explique-t-elle
ajoutant qu'elle est prête, sur ce thème, à reprendre les idées
d'une femme de gauche. Pour elle, les vrais sujets féminins
sont la polygamie, les excisions, le semi-esclavage dû à l'immigration
notamment quand certaines femmes se voient confisquer leurs
papiers, mais aussi la disparition des jeunes enfants, à l'image
d'Estelle Mouzin, originaire de sa circonscription.
Entregent et dynamisme
Le député Yves Jégo (UMP) son voisin de la 3ème ne tarit
pas d'éloges sur elle, soulignant son "travail extraordinaire",
"elle s'implique à fond dans les dossiers". Charles Cova
(UMP, 7ème circons.) remarque qu'elle se "débrouille très
bien pour un premier mandat", défendant des dossiers de
grande envergure : la construction de l'hôpital de Jossigny
qui sera ouvert en 2007 pour désencombrer celui de Lagny ; l'installation
d'une nouvelle sous-préfecture, celle de Torcy, qui sera opérationnelle
en 2006 ou encore l'ouverture d'une nouvelle université à Marne
la Vallée car l'Université Descartes est saturée . Un de ses
"compagnons" de route, le conseiller régional Gérard Ruffin
(UDF) atteste du travail de fond réalisé sur le terrain, dans
sa circonscription, l'une des quatre ou cinq plus importantes
de France, avec près de 200 000 habitants. Toute cette dépense
d'énergie viendrait-elle compenser une image par trop parisienne
? "En partie", concèdent ses proches. "Elle est très présente
dans sa circonscription, dans les manifestations, Elle parle
beaucoup, écrit beaucoup, elle brasse beaucoup d'air", raille
Jeanne Chedhomme, conseillère régionale PS, élue de Seine-et-Marne,
regrettant au passage "de ne pas la voir très souvent à la
Région Île-de-France". Mais elle lui reconnaît un sens évident
de la communication. Une sérieuse qualité qu'elle a développée
dans différents cabinets ministériels avant 1981, notamment
auprès d'Olivier Guichard, d'Albin Chalandon,
de Jean Foyer et de Michel Poniatowski. Cet entregent
et ce dynamisme de Chantal Brunel mais aussi le soutien
de Bernadette Chirac venue faire le déplacement à Noisiel,
lui permirent de gagner de précieux suffrages lors des législatives
de 2002. Investie seulement le 6 mai par l'UMP, elle a dû batailler
ferme pour battre le socialiste Daniel Vachez dans une
circonscription ancrée à gauche.
Le travail réalisé
Cette femme pleine de ressources dispose aussi d'un autre
atout : Jean-Pierre Raffarin qu'elle connaît et côtoie
depuis maintenant 35 ans, quand elle et son mari gagnèrent les
rangs giscardiens dans les années 70. Son avenir ? Elle espère
simplement que "les électrices et les électeurs reconnaîtront
le travail qu'elle a réalisé pour eux". Jeanne Chedhomme
pense quant à elle que la huitième circonscription sera découpée
en deux pour 2007, qu'il en résultera deux circonscriptions,
une où les électeurs de gauche seront majoritaires et une autre
ancrée à droite. "Elle devrait donc conserver son siège",
pronostique la conseillère régionale socialiste qui lui prête
aussi des ambitions au Conseil général.
*Deux autres femmes sont parlementaires dans le département
: les sénatrices Nicole Bricq (PS) et Colette Melot (UMP)