Euromed, l'espoir d'un peu plus d'investissements
A Marseille s'est tenu à la mi janvier le premier EuroMediterranean
Investment Summit, organisé par Economist Conferences.
Ce sont pas moins de 300 personnes qui se sont retrouvées à
Marseille pour évoquer, dix ans après les accords de Barcelone,
les évolutions et les partenariats à venir dans la région MEDA,
région qui rassemble dix pays du sud de la Méditerranée (Algérie,
Autorité palestinienne, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc,
Syrie, Tunisie, Turquie), "partenaires de l'Union européenne
et désireux de participer activement à la croissance mondiale"
soulignent les organisateurs. Au-delà des autorités institutionnelles,
dont plusieurs ministres - venant de pays euro-méditerranéens,
la plupart des institutions financières oeuvrant sur la zone
euromed (Banque mondiale, BEI, Banque Africaine de Développement,
AFD-Proparco, CDC…) étaient également présentes ainsi qu'une
centaine de représentants d'entreprises de renom (Bosch, Caterpillar,
Club Méditerranée, Microsoft, Gemplus, Ernest Young, Suez…).
Au cours des débats a été ainsi abordée la question des IDE
vers la région MEDA. Selon, une enquête menée par le réseau
ANIMA, "cette région reçoit chaque année entre le quart et
le tiers seulement des investissements étrangers auxquels elle
pourrait prétendre, compte tenu de son marché et de son économie".
Comme raison avancée à ce manque d'empressement des investisseurs,
nombreux sont ceux qui évoquent "une image troublée".
Convaincre les investisseurs
D'après l'enquête menée par ANIMA, la région est aujourd'hui
considérée comme un marché intermédiaire, "ni particulièrement
attractif, ni à négliger". Si quelques secteurs échappent
à la règle comme l'énergie, le tourisme, l'automobile, l'agroalimentaire,
le textile et aujourd'hui les télécommunications et l'informatique,
en raison de pratiques et de particularismes culturels, MEDA
"n'est pas vu comme un marché facile, et ce malgré la proximité
avec l'Europe". Convaincre les investisseurs étrangers n'est
donc pas une sinécure, d'autant plus qu'aujourd'hui on ressent
chez ces investisseurs "une sourde inquiétude sur la montée
de l'islamisme". En dépit de ces interrogations, l'enquête
révèle "qu'il n'y a pas d'a priori négatif de la part des
entreprises vis-à-vis des pays MEDA et qu'il n'y a donc pas
de fatalité à l'image actuelle plutôt médiocre de la région".
Pour preuve, les 400 projets que la région a accueilli en 2004,
soit 45% de plus que l'année précédente. Des progrès rendus
possible parce que "le site Méditerranée" ne laisse pas
indifférent et que le marché MEDA est jeune, dynamique et prometteur.
C'est ainsi que le Sommet a donné lieu à une déclaration commune
des ministres présents qui s'engagent à poursuivre l'effort
d'ANIMA et à oeuvrer pour la mise en place d'une agence de promotion
des investissements en Méditerranée. Reste que pour les investisseurs,
si les annonces sont porteuses d'espoirs, seules les actions
sont à même de convaincre. www.economistconferences.com