Le crédit à la consommation
: la fin de la diabolisation ?
Le 15 décembre,une conférence organisée par l'Association
Française des Sociétés Financières (ASF) et regroupant tous
les acteurs du débat faisait le point sur le crédit à la consommation
en France.
François Lemasson, Président de l'ASF, a débuté cette
conférence en rappelant la position médiane de la France dans
la problématique du crédit à la consommation. Elle se situe
dans la moyenne européenne, avec environ 1,5 mois de revenus
des ménages disponibles pour le crédit à la consommation, contre
trois mois pour l'Espagne et trois semaines pour l'Italie. Des
améliorations sont intervenues ces dix dernières années. Jean-Claude
Nasse, délégué général de l'ASF, explique qu'en 1995, un
médiateur a été institué pour l'ensemble de la profession. Olivier
Bouget, de l'organisation Familles Rurales, a souligné l'attention
du législateur national, avec sept lois votées en quinze ans.
Ainsi, la loi de sécurité financière d'août 2003 renforce les
conditions de lisibilité de la publicité et établit la procédure
de rétablissement personnel. Pour faire le point sur l'image
du crédit, Cyril Massin de TNS-Sofres a donné les résultats
d'un sondage effectué sur 1000 personnes. Plus de la moitié
des Français ont eu affaire au crédit à la consommation, 32%
des Français aujourd'hui en détiennent. Ils sont dans la prudence.
Il est "normal" selon eux d'avoir recours au crédit pour certains
achats. C'est le cas des dépenses d'investissement comme la
maison, la voiture, les travaux, les études des enfants, l'équipement.
Mais les dépenses d'agrément ne sont pas considérées comme légitimant
le recours au crédit. De manière générale, le crédit est plus
fréquent dans la société française, et son image se normalise.
Les représentants des associations de consommateurs ont néanmoins
rappelé les moyens encore utilisés pour promouvoir excessivement
le crédit et pousser abusivement les ménages à la consommation.
A leurs yeux, la vigilance et la responsabilisation du consommateur
comme la loyauté des sociétés de crédit restent à encourager.