Le 46ème Congrès du Snav* qui s'est tenu à Pékin au mois
de janvier avait pour thème "2005-2008 : enjeux et perspectives
pour une profession". La tenue de ce congrès en Chine a aussi
été l'occasion de mieux appréhender le futur marché chinois
du tourisme.
"L'ouverture des Chinois au tourisme international est
un phénomène touristique majeur pour ce nouveau millénaire".
Pour le ministre de l'Équipement, des Transports, de l'Aménagement
du territoire, du Tourisme et de la Mer, Gilles de Robien,
présent à l'inauguration du congrès, il ne fait aucun doute
que l'avenir du tourisme passe par la Chine. En 2003, pas moins
de 20 millions de Chinois ont voyagé à l'étranger et ce chiffre
devrait quintupler d'ici 2020. "A cette échéance, la Chine
devrait être le 4ème émetteur mondial avec plus de 100 millions
de voyageurs par an" ajoute le ministre. Les Chinois deviendront
ainsi la 1ère ou la 2ème nationalité de visiteurs long courrier
en France devant les Américains ou les Japonais. Avec la signature,
en septembre dernier de l'accord DTA (France Destination Touristique
Autorisée), le nombre de touristes chinois venant en France
est estimé à 1,5 million d'ici 2006. Pour Thierry Baudier, directeur
général de Maison de la France, "saisir le créneau du marché
chinois est donc un objectif crucial". Pour autant, si les
réceptifs français ont une carte à jouer, ils devront cependant
s'adapter en pro- posant par exemple des services en langues
chinoises (guides, interprètes, brochures, assistance téléphonique…)
mais aussi en tenant compte des exigences de confort et de modernité
dans les hôtels ou encore en répondant aux attentes spécifiques
chinoises en matière de restauration (petits déjeuners salés,
eau chaude en permanence dans les chambres…). Déjà, certaines
initiatives ont été entreprises. Le Comité Chine de l'Office
de tourisme de Paris a ainsi créé une charte de qualité de l'accueil,
ratifiée par 35 opérateurs. Ils s'engagent à traduire leurs
menus et prospectus en chinois. Des efforts qui seront sans
nul doute appréciés par cette nouvelle clientèle chinoise issue
de la nouvelle classe moyenne, dotée d'un fort pouvoir d'achat.
"Les Chinois dépensent en moyenne 430 euros pour leur consommation
personnelle lors de leur séjour en France contre 328 euros pour
les Américains" indique Maison de la France. L'avenir est
riche de promesses et les relations sino-françaises dans le
tourisme sur la bonne voie. "La Chine est dès aujourd'hui
incontournable dans le monde de l'économie comme dans ceux du
commerce et du tourisme. Elle le sera encore plus demain et
nous sommes heureux d'avoir notre rôle à jouer dans cette évolution"
a fini par conclure César Balderacchi, le président du
Snav.
* Snav : Syndicat national des agences de voyage françaises
Le Snav interpelle les pouvoirs publics
"Parce que le plus souvent la solution dépend du pouvoir
politique, que de plus en plus, c'est au niveau du Parlement,
des ministères des collectivités que nous devrons défendre nos
intérêts", César Balderacchi a interpellé le ministre
Gilles de Robien sur la question des distorsions de TVA
(5,5% pour Air France et 19,6% pour les agences), du para-commercialisme,
et de la suppression de l'article 23 de la loi de 1992 qui fixe
la responsabilité des agences. Interrogé sur ces questions le
ministre a répondu point par point mais pas assez précisément
pour les professionnels du tourisme présents. Sur les organismes
paracommerciaux, "qui exercent le même métier que nous, avec
les mêmes droits mais qui n'ont pas les mêmes obligations et
les mêmes contraintes", le ministre souhaite "s'attaquer
à cadrer cette activité", sans plus de précisions. En ce
qui concerne la TVA, Gilles de Robien s'est engagé à
être l'interprète des professionnels du tourisme auprès de Bercy,
indiquant qu'il faudra bien se résoudre à "réparer cette discrimination".
Enfin, sur l'article 20, le ministre s'est montré évasif et
n'a pas apporté de réponse précise.