A l'horizon 2012, avec ses 720 millions d'habitants, la région
euro-méditerranéenne a le potentiel pour devenir une zone d'échanges
économiques significative et incontournable. Un marché qui ne
doit pas être négligé par les investisseurs et les entreprises.
Pour débattre du sujet, Economist Conferences, organise deux
journées à Marseille courant janvier*.
Trait d'union entre trois grands continents, la Méditerranée
est un carrefour géographique, économique et stratégique. Pour
les organisateurs de la rencontre Euro-Mediterranean Investment
cela ne fait aucun doute. "La région MEDA rassemble dix pays
du Sud de la Méditerranée (Algérie, Autorité palestinienne,
Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie),
partenaires de l'Union européenne et désireux de participer
activement à la croissance mondiale" expliquent-ils. Pour
autant, en dépit des déclarations d'intention, les actions et
les réalisations concrètes sont loin d'être au rendez-vous,
et ce alors même que la région possède des atouts. Fort de son
potentiel humain, la région MEDA offre à ses partenaires une
main d'oeuvre jeune et bien formée, des coûts de production
attractifs et une proximité avec l'Europe (le Maroc et l'Espagne
ne sont séparés que par 14 kilomètres !). Mais au-delà du seul
potentiel touristique et de ses richesses naturelles, le choix
de niches spécifiques (agriculture biologique, centres d'appel…)
ou de pôles d'excellence (énergie, automobile, TIC, textile,
agrobusiness…) est clairement fait par les pays de la région
MEDA.
Un avenir commun
Des orientations qui sont autant d'opportunités à saisir pour
les entreprises et les investisseurs. Mais cette volonté de
bien faire ne cache-t-elle pas une sourde inquiétude ? L'élargissement
de l'Union européenne à l'est a fait craindre aux pays du pourtour
méditerranéen d'être un peu oubliés et négligés par l'Europe.
Aussi, le processus de Barcelone en 1995 avait tenté de rassurer
la région MEDA en apportant notamment une aide financière substantielle
(5,35 milliards d'euros de dons et 7,4 milliards d'euros de
prêts en 2000-2006). Et puis, ce serait oublié les propos apaisants
tenus l'année dernière lors du deuxième Forum Euro méditerranée
à l'Unesco par Inigo Mendez Vigo, député européen qui
expliquait qu'il ne fallait pas "opposer les deux processus,
l'élargissement qui est une nécessité et un développement vers
le sud. Partageant avec ces pays un passé commun, nous devons
essayer de partager avec eux un avenir commun". La rencontre
de Marseille devrait aller dans le même sens.