"Il n'existe pas de société
prospère et indépendante sans industrie"
"Des entreprises au service des Hommes" tel était le thème
d'une grande conférence organisée par la Fondation Concorde
le 16 novembre dernier. Plus de 800 personnes, dont de nombreux
élus, sont venues débattre de la mutation des entreprises et
des problèmes d'emplois. Invité d'honneur de la soirée, Nicolas
Sarkozy.
"Il n'existe pas de société prospère et indépendante sans
industrie. Or nos industries rencontrent des défis successifs".
Pour Michel Rousseau, président de la Fondation Concorde,
"il n'y a donc pas d'alternative : il faut convaincre les
élus de réviser radicalement la fiscalité pour enfin favoriser
l'efficacité économique et la création d'emploi".
Mais à entendre les différents propos de la soirée, le chemin
semble encore long et difficile. Évoquant par exemple le sujet
épineux de la désindustrialisation, le président du Cercle des
Économistes, Jean-Hervé Lorenzi* rappelle fermement qu'il
s'agit d'un sujet délicat que l'on doit traiter autrement que
par des "mesurettes". Le ton n'est pas moins tendre lorsque
Yvon Jacob, le président de la Fédération des industries
mécaniques s'inquiète de la compétitivité de la France. Il montre
alors du doigt les politiques en provenance de l'Europe. "Incontestablement
des décisions prises en Europe ne font pas de bien à notre industrie"
s'insurge-t-il. Mais il va plus loin encore en dénonçant le
paradoxe français qui veut que la France, en même temps qu'elle
ouvre grand ses portes à la concurrence internationale, taxe
fortement les entreprises. "Nos entreprises sont les plus
lourdement taxées au monde. Cela représente 17,5% du PIB alors
que la moyenne est de 11% en Europe et de 10% en moyenne OCDE".
Yvon Jacob s'inquiète également du manque de réactions
"de nos amis politiques". Sont-ils mal informés ? "Pour
certains d'entre eux, il y a une méconnaissance totale de ce
qu'est le monde de l'entreprise" regrette-t-il. Rebondissant
sur ces propos, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il croyait
pouvoir "faire de la France un champion de la croissance"
notamment en s'inspirant de ce qui marche chez nos voisins européens.
Encouragé par une salle acquise à ses idées, le ministre de
l'Économie s'en est pris aux 35 heures. Il s'est étonné que
l'on puisse "faire croire qu'en travaillant moins on fera
plus de croissance". Et le ministre de proposer non pas
de les supprimer mais de les aménager en laissant "les chefs
d'entreprises accorder des heures supplémentaires sans contrainte
et même en les encourageant". Mais cette fois-ci les applaudissements
furent moins nombreux…
Afin de restaurer la compétitivité, ce que demande aujourd'hui
les membres de la Fondation Concorde c'est bien la mise en oeuvre
d'une véritable stratégie industrielle tant française qu'européenne.
"Pour cela, l'Etat doit faire des choix, fixer les objectifs
et donner les impulsions nécessaires" ajoute Yvon Jacob.
A la veille de devenir le président de l'UMP et la patron de
la Majorité Nicolas Sarkozy en a-t-il pris bonne note ?
A. de Font-Réaulx
Pour en savoir plus sur la Fondation Concorde : www.fondationconcorde.com
* Auteur du rapport : "Désindustrialisation, délocalisations"
remis au Premier Ministre, le 15 Novembre dernier.