Françoise de Panafieu (UMP-Paris) a déposé le 25 novembre
un amendement qui vise à imposer, dans les entreprises de plus
de 250 salariés, le Curriculum vitae anonyme. Les CV ne seront
plus alors manuscrits mais dactylographiés et ne "comporteront
plus ni le nom, ni le sexe, ni l'âge, ni la nationalité du candidat".
Il n'y aura plus non plus de photo. Cet amendement reprend une
des propositions du rapport sur l'égalité des chances remis
par Claude Bébéar au Premier Ministre le 22 novembre.
Toutefois Claude Bébéar l'a rappelé "Toutes les propositions
du rapport sont basées sur le volontariat et la responsabilité
des entreprises. Légiférer peut même être contre-productif"
a-t-il précisé. Le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo
à l'annonce de cet amendement est resté prudent sur le sujet
et n'a parlé que "d'un amendement de principe" qui ne
sera pas retenu "tel qu'il est rédigé".
Un sujet sensible
A l'Assemblée, le président de la commission des Finances, Pierre
Méhaignerie a jugé l'idée "bonne" mais repoussé le
choix d'une loi. "Laissons-faire les chefs d'entreprise"
a-t-il expliqué. Du côté des entreprises, le mouvement Ethic
de Sophie de Menthon, connue pour ne pas avoir sa langue
dans sa poche s'est opposée à l'esprit du CV anonyme et au fait
que cela fasse l'objet d'une loi . "La maladie des amendements
du Parlement français s'aggrave : au nom de quoi le principe
de l'analyse d'un CV dans une entreprise doit être défini et
encadré par la loi ?" s'interroge Ethic. Le Medef a quant
à lui prévenu : "il ne serait pas admissible que cela soit
imposé de façon unilatéral aux PME". Reste que pour Pierre
Méhaignerie, il ne fait aucun doute que "les chefs d'entreprise
seront plus efficaces que la loi". Le 30 novembre, Bernard
Accoyer, Président du groupe UMP à l'Assemblée, a définitivement
enterré l'amendement, expliquant qu'il ne s'agissait que d'un
"amendement d'appel" destiné à susciter un débat à l'Assemblée.