L'apprentissage comme élément
du dynamisme économique
Le groupe de travail de l'Assemblée Nationale sur l'apprentissage
a rendu son rapport, présenté sous la forme d'une vingtaine
de propositions destinées à revaloriser cette filière trop souvent
présentée comme celle de l'échec.
"Ce n'est pas un énième rapport en forme de constat,
prévient Jean-Paul Anciaux (UMP, Saône-et-Loire, Co-Président
du groupe de travail), il a pour but d'apporter des réponses
concrètes à la réalité". Commandé par le ministre délégué
aux petites et moyennes entreprises, au commerce, à l'artisanat,
aux professions libérales et à la consommation, Christian
Jacob, au début de l'été, ce rapport a pour but "d'approfondir
les travaux menés dans le cadre du plan de modernisation de
l'apprentissage". Situées dans la lignée du Livre blanc
élaboré par le Ministère des PME, une partie des propositions
a par ailleurs été repris dans la loi de cohésion sociale du
ministre Jean-Louis Borloo, examinée en novembre par
les députés. "Ce rapport s'apparente en fait, par de nombreux
aspects, à de la prospective" glisse Patrick Beaudouin
(UMP, Val-de-Marne, Co-Président du groupe de travail), et certaines
propositions se retrouvent également dans la loi Fillon sur
l'école "Les 20 propositions, initialement au nombre de 59,
sont ordonnées autour de quatre grandes directives pour valoriser
le statut de l'apprenti et de ses filières". Pour Patrick
Beaudouin, l'apprentissage "est une culture et un élément
de la Culture ; il est impossible de se passer des artisans".
En premier lieu, selon le rapport, il est nécessaire d'améliorer
l'information donnée par le système scolaire sur l'orientation
et le monde de l'entreprise.
Rendre la filière attractive
"Il faut également permettre à la filière apprentissage de
devenir plus évolutive" insiste Jean-Paul Anciaux,
elle doit être un moyen d'éviter l'échec, sans pour autant
être une voie unique". Dans ce deuxième axe réside la volonté
de positionner l'apprentissage comme une école de la reprise
ou de la création d'entreprise, qui pourrait rendre à la filière
sa fonction "d'élément du dynamisme économique du pays"
remarque les députés. Des mesures comme l'aide au passage du
permis de conduire dénotent également d'une réflexion incluant,
et c'est heureux, les contraintes liées à la vie en province
et finalement une volonté de mieux prendre en compte la situation
des apprentis, tant pour leur réussite que pour celle de leur
filière. Enfin, les députés suggèrent de valoriser aussi le
rôle des formateurs, tant dans leurs formations que dans leurs
carrières, afin toujours de "tirer la filière vers le haut".