"La France est économiquement attractive", tel est le
message que souhaite faire passer l'Agence Française sur les
Investissements Internationaux (AFII) qui vient de lancer une
grande campagne d'image pour promouvoir l'attractivité économique
française dans cinq pays cibles*. Second pays d'accueil après
la Chine pour les investissements étrangers, la France doit
pourtant lutter contre un grand nombre de clichés qui ont parfois
la vie dure. "The new France. Where the smart money goes",
une signature "forte" pour marquer le changement et impulser
un nouvel élan.
Rassurante mais déterminée Clara Gaymard, présidente
de l'AFII a fortement insisté pour rappeler, en préambule du
lancement de la campagne de promotion, qu'il ne s'agissait pas
là "d'une politique nouvelle pour la France. Cela fait longtemps
que notre pays accueille des entreprises étrangères sur son
sol. Cette campagne démontre à quel point la France est un acteur
majeur de la mondialisation et qu'elle a toute sa place sur
la scène internationale".
Cinquième puissance industrielle, quatrième pays exportateur
au monde avec 332 milliards de dollars, quatrième puissance
mondiale pour l'effort en recherche et développement, deuxième
pays investisseur à l'étranger après les Etats-Unis… Les statistiques
sont flatteuses et feraient pâlir de jalousie plus d'un pays.
Décalage entre perception et réalité
Mais paradoxalement, la France souffre de l'image très forte
de son industrie touristique et de son industrie du luxe. Deux
secteurs d'activité qui occultent une autre réalité industrielle.
"L'image de la France est très différente en fonction des
enquêtes d'opinion. Il en ressort que la France apparaît comme
un pays complexe et compliqué. Pour beaucoup, la France est
un pays où il fait bon vivre mais où il ne fait pas bon travailler.
Or le décalage entre cette perception et la réalité existe bel
et bien" tente de convaincre Clara Gaymard. La France,
un pays protectionniste ? Faux, répond la présidente de l'AFII,
"les entreprises tant françaises qu'étrangères sont sur un
pied d'égalité". Les Français n'aiment pas travailler ?
Encore faux, "Nous avons en France le meilleur taux de productivité/horaire"
; les 35 heures ? Pas un problème, "le signal du gouvernement
d'un assouplissement est plutôt une bonne nouvelle". Un
véritable plaidoyer en faveur de l'entreprise France pour montrer
à quel point "elle est armée pour faire face à la compétition
internationale". Aujourd'hui, grâce à cette campagne de
promotion, il importe de montrer à quel point la France a changé
et que notre pays est bien celui de l'innovation. "La France
a le goût de l'avenir, il est temps que cela se sache" avait
à son heure rappelé Jean-Pierre Raffarin. Pour Pierre
Dauzier, responsable de la campagne, "Il faut montrer
que la France, dans la bataille de l'innovation, a de formidables
atouts et que nous donnons à des entreprises, la possibilité
de fabriquer et vendre, pas uniquement aujourd'hui mais demain
aussi".
Une campagne sur trois ans
Forte de ces encouragements et du soutien du gouvernement, l'Agence
a "choisi de communiquer par la preuve" en faisant appel
à des témoignages de grands chefs d'entreprises étrangers. "Par
leurs discours, le récit de leur expérience, ces dirigeants
de sociétés implantées en France affirment qu'il existe une
France au-delà des idées reçues - une grande puissance économique
où l'investissement est très productif" expliquent les responsables
de la campagne. Des témoignages dans la presse économique des
pays cibles appuyés par un dispositif de relations publiques
mais également par l'édition d'outils rédactionnels d'information
(Livre de l'attractivité et kit de l'attractivité). Enfin, signe
des temps, la création d'un mini site Internet (www.thenewfrance.com)
présenté comme un outil informatif est destiné à guider les
futurs investisseurs.
Prévue sur une durée de 3 ans, cette campagne représente un
budget de 10 millions d'euros par an, "avec la possibilité
d'un réajustement chaque année en fonction des résultats de
la campagne".
En plaçant l'attractivité économique de la France au coeur de
sa politique, le choix du gouvernement est donc clair : le temps
de la France qui reste enfermée dans une image convenue, un
peu "hors du temps" est révolu. L'heure de l'innovation,
de la mobilisation est venue. La campagne de promotion suffira-t-elle
à revenir sur ses clichés ? Rien n'est moins sûr, mais l'espoir
est grand.