Kazakhastan
: la démocratie en marche
Le 19 septembre, le Kazakhstan, pays d'Asie Centrale élisait
ses députés. Plusieurs parlementaires français étaient présents
comme observateur de la Commission électorale. Retour sur ce
pays méconnu.
"Le Kazakhstan souffre d'un déficit d'image".
C'est en tout cas le constat que Jean-Yves Chevalier,
président de l'Association des Anciens auditeurs du Centre d'Études
Diplomatiques et Stratégiques a dressé lors d'une rencontre
organisée à l'ambassade du Kazakhstan à Paris début septembre.
Un déficit d'image liée probablement à son enclavement, à sa
zone géographique et aux nombreux amalgames qui sont faits.
"L'image du pays est d'ailleurs en France et en Europe souvent
subjective" précise Jean-Yves Chevalier. Pourtant
ce pays né il y a seulement 13 ans est immense - il est cinq
fois grand comme la France - et dispose de richesses naturelles
importantes (30% des réserves mondiales d'uranium, gisement
d'hydrocarbure, 20% des terres arables de la CEI…). Aujourd'hui
son outil industriel est en pleine mutation et des réformes
sont en cours pour attirer les investisseurs étrangers. Mais
si le potentiel économique est là, ils sont encore nombreux
à s'interroger sur le processus démocratique du pays. "Il
est vrai qu'en 1991, au moment de l'indépendance, l'aspect strictement
démocratique au sens occidental n'était pas une priorité"
explique Patrick Dombrowski, professeur au Centre d'Études
Diplomatiques et Stratégiques. Après la phase de développement
et de stabilisation économique et sociale, le pays semble avoir
pris le chemin de la démocratie, même si, précise Patrick
Dombrowski, "Il y a treize ans, ce pays vivait sous un
régime totalitaire aussi il faut savoir ne pas demander trop
et trop vite. Le risque serait de fragiliser un pays avec certes
des défauts, mais qui souhaite les corriger". L'ambassadeur
Doulat O. Kuanyhev insiste quant à lui sur les nombreuses
évolutions de son pays tant dans le domaine économique, social
que démocratique. Les élections législatives du 19 septembre
et la présence de 12 partis "multi-éthniques et multiconfessionnels"
semblaient le confirmer. Des élections qui étaient d'ailleurs
placées sous la surveillance de près de 900 observateurs étrangers,
dont plusieurs parlementaires français*. Rappelons enfin que
le système politique choisi par le Kazakhstan est celui de la
Vème République.
A. de Font-Réaulx
* Les sénateurs Aymeri de Montesquiou et Daniel Reiner et
les députés Eric Raoult et Jean-Marie Le Guen au nom de l'Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe.