La
loi littoral attaquée de tous bords
Le 14 septembre, lors de la réunion du Comité interministériel
d'aménagement du territoire, le ministre de l'Ecologie Serge
Lepeltier déclarait que le cœur du texte de la loi littoral
ne serait pas modifié. Exception faite de quelques décrets d'ajustement
à la marge …
La loi littoral de 1986 réglemente l'urbanisation des côtes
en interdisant toute construction à moins de 100 mètres du bord
de mer. Elus et promoteurs immobiliers veulent régulièrement
en découdre avec cette loi qui freine le développement économique.
Cet été, deux rapports parlementaires ont plaidé en ce sens,
tandis que plusieurs élus corses manifestaient début septembre
pour assouplir la loi. En mars dernier, un décret d'application
autorisait la construction d'"aménagements légers" tels
des parkings pour l'accès aux côtes. Les décrets peuvent donc
suffire à modifier considérablement la portée de la loi. Face
à cette situation, la Commission du littoral du Conseil national
d'aménagement et de développement du territoire de la DATAR
a rendu jeudi 9 sep-tembre une étude sur les enjeux du "développement
du littoral". Son rapport constate " d'exceptionnelles
dynamiques démographiques - 256 habitants au km2 - soit le double
de la moyenne nationale. " D'ici 2030, 3,4 millions d'habitants
s'établiront en bord de mer. Une situation due à une politique
économique favorable : "le développement parfois anarchique
de la construction [est] favorisé par une fiscalité locale largement
assise sur la taxe sur le foncier bâti". Seule une ligne
de conduite forte peut éviter le spectre du bétonnage : maîtriser
l'urbanisation par le maintien de la loi, renforcer financièrement
le Conservatoire du littoral et rééquilibrer la fiscalité locale.