Le territoire est-il en phase de désindustrialisation ? Evidemment négative il y a encore deux ans, la réponse est aujourd'hui plus incertaine et valait bien un rapport. Max Roustan, député UMP du Gard s'en est chargé, mettant à mal au passage quelques idées reçues sur l'industrie française avant d'insister sur le rôle de l'Etat en ce domaine.
Le rapport s'ouvre sur un constat : la France évolue dans un
environnement économique mondialisé, qui plus est sujet à des
mutations permanentes. A une forme de division internationale
des activités productives a succédé une mobilité accrue des
facteurs de production et un sévère benchmarking qui n'ont pas
toujours été favorables à l'Occident. Les fermetures d'usines
ont fini par faire de la désindustrialisation un thème d'actualité.
Cependant, bien que la baisse de l'emploi industriel soit une
constante, "l'industrie forme toujours 20% de la richesse
nationale - 40% si l'on inclut les services qui y sont liés".
Il est donc difficile de parler de désindustrialisation du territoire
national, la réalité se situant plutôt au niveau local. De fait,
les effets sont assez dissemblables selon que la région abrite
un seul type d'industrie ou un tissu économique plus riche.
L'analyse du rôle de l'Etat, ainsi que des forces et faiblesses
du modèle français vu de l'étranger sont ici primordiales, car
si l'industrie française augmente sa production, elle perd des
emplois. Ce paradoxe qui fait reposer les gains de productivité
sur les efforts des salariés "est un des plus gros handicaps
de la France".
Répondre aux mutations industrielles
Mais la complexité de notre législation, notamment en droit
du travail, les lourdeurs administratives, une certaine forme
de sous-emploi et la faiblesse de notre Recherche sont autant
d'éléments de notre perte de compétitivité. La France se classe
pourtant au cinquième rang mondial pour l'industrie, reste présente
dans tous les domaines et se distingue dans les nouvelles technologies.
"Notre industrie reste dynamique, mais de nombreux risques
pèsent sur elle" résume Max Roustan avec de suggérer,
outre une réforme de la taxe professionnelle, que l'Etat ré-endosse
un rôle de stratège, et d'appeler de ses vœux à une résolution
de problème de la "désindustrialisation" dans un cadre
communautaire. Et encore serait-il préférable de parler de mutations
économiques. Mais cela impliquerait de disséquer les capacités
d'adaptation de la société française ; un débat dont personnes
ne semble vouloir se saisir pour le moment.
Mathieu Jonqueres
Rapport d'information n° 1625 sur le désindustrialisation du
territoire, enregistré à la présidence de l'Assemblée Nationale
le 27 mai 2004.