Les
parlementaires qui comptent
"Les parlementaires et le vin"
Au lendemain de l'adoption en deuxième lecture du projet de
loi sur les territoires ruraux au Sénat et alors que le Premier
Ministre a demandé un Libre blanc sur le vin qui devrait
être remis le 30 juin. Députés et Sénateurs de tous bords se
mobilisent pour un aménagement de la loi Evin. Cette action
est la réponse apportée par les élus du vin aux deux actions
judiciaires menées par l'Association Nationales de Prévention
contre l'Alcoolisme (ANPA). En décembre et février dernier,
l'ANPA a en effet obtenu l'interdiction des dernières campagnes
de publicité des vins bourguignon et bordelais.
L'action des parlementaires a été menée au Sénat par Gérard
César, élu UMP de Gironde et Vice-président du groupe d'études
"Viticulture de Qualité" du Sénat. Son amendement adopté
dans le projet de loi sur les territoires ruraux autorise la
publicité collective pour les vins d'une même zone géographique
et autorise à faire référence à leurs caractéristiques (goût,
aspect, odeur…).
Cette initiative a été suivie par 14 Sénateurs à la tête desquels
on trouve Roland Courteau, PS Aude, dans la proposition
de loi (n° 218) "Distinguer le vin des autres boissons alcooliques
dans l'accès à la publicité". Pour ce membre du groupe d'études
sur l'économie agricole alimentaire le vin a été considéré de
tout temps comme une boisson saine. Il est important de distinguer
le vin comme boisson agricole et les alcools, notamment ceux
que les fabricants mélangent à des sodas pour séduite les jeunes.
A l'Assemblée nationale, ce souci de publicité spécifique pour
le vin est porté par Jean-Paul Garraud, député UMP de
Gironde dans le projet de loi (n° 1411) "Adapter la législation
en matière de communication sur les boissons alcoolisées".
On peut également souligner les actions d'Alain Suguenot
député UMP de l'Hérault, tous deux coordinateurs du Livre blanc
sur le vin. Ce dernier a un statut atypique dans ce débat. Animateur
du groupe de travail vin et santé, est également viticulteur
et chirurgien. Il défend ainsi la position des chercheurs qui
ont apporté la preuve qu'une consommation modérée de vin est
bonne pour la santé.
Face aux défenseurs de la vigne et de la profession viticole
on peut noter les positions des partisans de la loi Evin, parmi
lesquels se distingue Jean-Marie Le Guen, député PS de
Paris, vice-président de l'office parlementaire d'évaluation
des politiques de santé et vice-président du groupe d4études
sur le cancer et la santé publique.
A noter
Le 11 mai dernier, Jacques Remiller, député-maire de
Vienne (Isère), fils et petit-fils de vigneron est intervenu
à l'Assemblée nationale, en tant qu'orateur du Groupe UMP, lors
du débat sur le projet de loi, autorisant la ratification de
l'accord établissant une association entre la Communauté européenne
et le Chili. Il en a profité pour prendre la défense des vins
français face à la concurrence chilienne. Il a rappelé que "si
certains veulent se rassurer en disant que le Chili n'a pas
de politique de grands crus et ne sait pas encore faire vieillir
ses vins, il n'en reste pas moins que l'abaissement même progressif
des droits de douane est une menace pour les vins français".
Le député-maire a demandé au gouvernement d'apporter des garanties
afin de rassurer les producteurs de vins AOC, qui subissent
le plus cette concurrence.