Principal réservoir de ressources énergétiques de la planète, le Golfe Persique et les pays qui le composent sont également un marché de plusieurs dizaines de millions d'habitants. Devant les récents bouleversements géopolitiques de la région, UbiFrance et le CFCE ont opportunément décidé de faire le point sur les marchés du Golfe
et leur devenir lors d'une journée d'études au Sénat. Focus.
Énergie, agroalimentaire, biens d'équipements, biens de consommation…
Les marchés d'une région en pleine expansion comme celle du
Moyen-Orient sont aussi nombreux et vastes que prometteurs.
Et comme souvent, c'est l'examen du secteur bancaire qui permet
de mesurer le degré d'ouverture des pays d'une zone géographique.
Pour Jean-Christophe Durand, Directeur Régional de BNP-Paribas,
"il ne fait nul doute que les banques du Golfe se portent
plutôt bien". Qu'elles soient locales, off shores ou d'investissement,
elles ont opéré un recentrage et développé leurs produits, soutenues
par des banques centrales à la compétence en nette amélioration
et aux ambitions novatrices. Ce qui permet à l'Arabie Saoudite
"d'avoir un retour sur investissement de 21%, une performance
qui ne doit cependant pas faire oublier que le secteur n'est
pour le moment pas face à un contexte trop compétitif".
Les banques islamiques représentent encore près de 20% du secteur,
et si Bahreïn est la première place financière du Golfe, ce
classement est également valable pour les fonds islamiques.
Des marchés prometteurs
Les économies régionales ont malgré cela beaucoup et rapidement
évolué, et les banques le reflètent bien. Le nombre croissant
de licences accordé aux banques étrangères dans ces pays mène
en effet inéluctablement à un renforcement de la concurrence.
Évoquant le marché des biens de consommation, Xavier Thuriot
(Thalès International) estimait que "le Conseil de Coopération
des États Arabes du Golfe est devenu un quasi-marché commun,
alors que sa vocation première était d'être un instrument entre
les mains des Saoudiens pour contrer l'Irak et l'Iran".
Avec le retour de ces deux pays sur la scène régionale, Le Golfe
redevient "un grand bassin économique qui a les moyens de
son développement, et il faut que la France profite de la très
bonne image qu'elle y a aujourd'hui" insiste l'intervenant.
Dans cette région où la majorité de la population a moins de
20 ans et dont les futures élites ont été formées en Occident,
tout est à faire et à conquérir. Et c'est d'un accord unanime
que les intervenants ont marqué leur attente d'un voyage du
président de la République dans la région pour se faire une
fois encore le défenseur des intérêts français.