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“J’ai pour objectif d’atteindre le
pouvoir pour appliquer mes idées”

Crédit photo : JP Baron |
Entretien avec Marine Le Pen, Présidente du Front National
Propos recueillis par Antoine de Font-Réaulx
Entre les deux tours des
cantonales, Marine Le
Pen enchaîne les
rendez-vous avec les
médias. Après Europe 1,
Le Grand Journal de
Canal Plus ou encore
Wall Street Journal, la
présidente du Front
National a répondu aux
questions de la Revue
Parlementaire. Un
entretien au cours
duquel, elle a dressé les
contours de son
programme « non finalisé » pour la
présidentielle de 2012. |
Sur un plan économique, vous prônez
la révolution fiscale. En quoi
consiste cette remise à plat ?
Nous sommes partis du constat qu’il était impossible de fabriquer de
l’électricité en bidouillant la lampe à
l’huile. Force est de constater qu’avec
300 ans de strates fiscales et 1000
impôts différents, et parce que
l’insécurité fiscale est l’un des freins
majeurs à l’investissement en France,
nous pensons qu’il faut tout mettre à
plat. Nous supprimons tout avec une
idée force, la simplification massive et
selon trois axes. Cela commence par
la création de cinq grands impôts et
la suppression de tous les autres.
Le deuxième axe de notre révolution
est celui de la justice fiscale. Sur ce
point je suis le constat fait par Thomas
Piketty, sans pour autant partager ses
solutions. Il s’est manifestement créé
au fur et à mesure du temps une injustice
fiscale qui fait peser sur la classe
moyenne l’intégralité de la pression fiscale.
Pour y remédier, nous pensons
à un impôt plus progressif, qui partirait
de plus bas et pourrait aussi monter
plus haut, l’ISF étant supprimé.
Avec vous tout le monde paiera
alors l’impôt sur le revenu ?
Oui. Je crois cela important symboliquement,
même si c’est un euro, afin
que chacun ait le sentiment de participer
à l’effort national.
Pour les Français, le problème n’est pas
le consentement à l’impôt, le problème,
c’est le consentement à la
dépense. Les Français ont le sentiment,
à juste titre, de payer toujours
plus d’impôt sans avoir pour autant de
contrepartie.
Et le troisième axe de votre révolution
fiscale ?
Nous voulons organiser ces impôts
pour en faire des armes ’incitation
politique. Il s’agit de redonner à l’impôt
son véritable rôle. L’impôt ne doit pas
seulement être le moyen de faire rentrer
de l’argent dans les caisses, il doit être également un moyen de réguler
l’économie, de l’orienter. Evidemment,
on en profiterait pour réorienter
l’économie en faveur de la relocalisation
des emplois et de la production.
Que pensez-vous de la TVA sociale ?
J’y suis très réticente. Cette TVA
sociale n’est pas si sociale que cela. Elle créerait même une distorsion en
terme de justice fiscale puisque par
définition, en proportion de leur budget,
plus les gens sont riches, moins
ils consomment; plus ils sont pauvres
et plus ils consomment l’intégralité de
leur budget. C’est cela qui m’arrête.
Si je vois bien l’intérêt de transférer
les charges du travail et à faire financer
la protection sociale par les importations,
je pense qu’il existe un moyen plus facile qui est celui des droits de
douane. Ceux-ci me paraissent, en termes de mise en oeuvre, plus
simples et plus justes.
Qu’après, on puise envisager deux ou
trois taux de TVA différenciés en fonction
de la localisation de la production,
pourquoi pas ? Si l’idée est assez séduisante,
elle n’est en revanche pas évidente à mettre en oeuvre. Mais nous
y réfléchissons.
Vous rétablissez donc les droits de
douane ?
Oui. Et aux frontières de la France, pas à celles de l’Europe qui ne le fera
jamais, son idéologie étant la suppression
totale de tous les obstacles
au commerce.
Cette grande réforme fiscale dont
vous parlez, le gouvernement l’a
également promise.
Pour l’instant le grand débat fiscal du
gouvernement s’est limité à essayer de
trouver le moyen d’alléger la situation
que l’on veut bien imaginer comme
catastrophique des assujettis à l’ISF.
Même si je trouve que l’ISF est un
impôt idiot, est-ce bien la priorité ? Je
n’en suis pas sûre. Leur révolution
fiscale consiste en réalité à réfléchir
au bouclier fiscal, créé par leurs soins.
Ce n’est pas ce que j’appelle une révolution…
sauf si révolution consiste à
revenir au point de départ.
Sur la question du rapatriement des
capitaux, envisagez-vous une amnistie
comme cela s’est fait en Italie ?
Il faudrait déjà vérifier si cette opération
a été efficace. Je n’en ai pas le sentiment
comme je n’ai pas le sentiment
non plus et contrairement à ce qui est
traditionnellement dit, que l’ISF fasse
fuir les gros capitaux. Je crois qu’en
réalité, si les gens fuient la France, ce n’est pas uniquement pour des questions
fiscales. Je crois que c’est un tout, un environnement global, le
niveau des écoles, le niveau de sécurité,
les services qui ne sont pas à la
hauteur, etc. Et puis ceux qui veulent échapper à tout prix à l’impôt le font
de toute façon. Il y aura toujours un
endroit dans le monde où ils payeront
moins d’impôts qu’ici. Je ne suis donc
pas sûre que cela soit très performant.
Ce n’est pas la priorité des priorités.
A l’inverse, je crois beaucoup à la
sécurité fiscale. L’insécurité fiscale fait
fuir, y compris les gros patrimoines
pour qui payer l’impôt ne pose pas forcément
de problème, sauf si les règles
changent tous les deux mois.
Dans votre programme, vous préconisez
le rétablissement du franc
et la sortie de l’euro….
C’est un peu plus subtil que cela. Le
Front National, comme d’autres, fait la
prédiction que l’euro va s’effondrer. La
responsabilité qui est la nôtre est
d’anticiper cette sortie de l’euro et de
ne surtout pas la subir. Ce sera
d’ailleurs un axe fort de notre campagne,
et encore plus si Dominique
Strauss Kahn est le candidat de la
gauche. Avec Nicolas Sarkozy, ils sont
sur la même ligne : réduire, restreindre
les dépenses pour faire soi-disant deséconomies et sortir de la dette. Or, on
voit bien que cela ne marche pas en
Grèce, au Portugal ou en Espagne. Ils déclarent vouloir sauver l’euro à tout
prix. Mais à quel prix ? C’est bien toute
la question. Il n’est pas question de
sacrifier le peuple à l’euro.
Après la sortie de l’euro, vous envisagez
une dévaluation compétitive ?
Tout ce qui est dit sur les dévaluations
est injuste. C’est un moyen de relancer
l’économie. C’est si vrai que la
Grande-Bretagne l’a fait. Le FMI, il y
a quelques jours, a proposé aux Etats-Unis d’envisager une dévaluation pour
réoxygéner son économie. Il est paradoxal
que lorsque je propose cela on
me tombe dessus, alors que dans le
même temps, le FMI émet la même
idée. Je crois effectivement qu’il faut
faire une dévaluation compétitive et
maîtrisée bien sûr.
Par ailleurs, je propose aussi une parité
« un franc égal un euro » et cela pour éviter l’inflation et l’effet d’aubaine
qu’on a connu au moment du passage à l’euro.
Pouvez-vous nous donner votre
vision du marché de l’énergie ?
La libéralisation de l’énergie a été une
erreur massive. D’abord parce que
stratégiquement, l’Etat doit conserver
la main sur le secteur de l’énergie, on
le voit d’ailleurs pour le nucléaire. A
partir du moment où vous ouvrez un
service public à la rentabilité, par définition,
vous allez avoir des ruptures
d’égalité entre les citoyens. Ensuite, on
a pensé pendant longtemps, et nous
avons pensé la même chose au Front
National mais nous reconnaissons
aujourd’hui avoir été dans l’erreur, que l’Etat faisait tout plus cher et moins
bien. Ce n’est pas vrai. En matière
d’énergie en l’occurrence, on a assisté
à une explosion des coûts à partir du
moment où il y a eu privatisation.
Compte tenu de la crise, de la situation économique catastrophique des
Français, l’augmentation du prix du
pétrole, du gaz (+50% depuis 2005),
et de l’électricité cumulée est inadmissible.
Il faut d’abord bien évidemment
refuser la hausse des prix de
l’électricité à M. Proglio, et il faut
ensuite baisser la TIPP. Nous proposons
une réduction de 20%, cela représente
un manque à gagner pour l’Etat
de 5 milliards que nous contrebalançons
par une surtaxation des entreprises
pétrolières. A titre d’information,
Total a fait cette année10 milliards de
bénéfice. Je pense qu’il ne s’agit pas
là d’un effort surhumain.
En matière de déficits publics, avezvous
des mesures structurelles
emblématiques ?
Il y en a plusieurs. La première est de
faire des économies massives et dans
notre pays, il y a des sources
d’économie considérable. Je pense
d’abord à l’immigration qui a un coût
très lourd pour l’économie de notre
pays, et ce d’autant plus qu’il n’y a pas
d’emplois. En réalité, l’immigration est
utilisée pour peser à la baisse sur les
salaires. L’immigré qui entre en France
a toutes les chances, s’il arrive à trouver
un emploi, de n’être payé qu’au
smic. Par l’intermédiaire du regroupement
familial, on s’aperçoit que
c’est alors tout bénéfice pour les entreprises
et tout déficit pour la communauté.
Avec son maigre salaire,
l’immigré ne pouvant assurer la charge
de famille, celle-ci est alors prise en
charge par la communauté. Tout cela
est très lourd financièrement. Il faut donc couper les pompes aspirantes de
l’immigration, notamment en supprimant
toute une série d’aides sociales
aujourd’hui délivrées.
Ensuite, nous agirons contre la
fraude sociale qui est évaluée entre
10 et 12 milliards d’euros et contre
laquelle on ne s’est pas donné les
moyens de lutter.
Nous reviendrons également sur la
décentralisation qui n’a cessé de déraper
et qui coûte plus de 4 milliards
d’euros par an. En y regardant de plus
près, on constate que lorsque l’on
supprime un fonctionnaire d’Etat, deux
fonctionnaires territoriaux sont embauchés.
Or, je ne suis pas sûre qu’ils
soient plus utiles à la population qu’un
pompier ou un gendarme. C’est donc
tout le principe de la décentralisation
que nous reverrons.
Historiquement, le Front National
a toujours dit que l’immigrationétait encouragée par les forces économiques. C’est toujours votre
discours ?
Même Laurence Parisot le dit. Le
Medef, l’UIMM sont toujours en première
ligne pour demander des régularisations.
Il y a un marché du travail
et comme son nom l’indique, le marché
s’équilibre entre l’offre et la
demande. Plus il y a de gens qui cherchent
un emploi, plus l’enchère se
fait à la baisse. Tout le monde sait ça.
Le Conseil d’orientation économique
a d’ailleurs dit la même chose dans une étude qui montre que 1%
d’immigration en plus correspond à
1,2% de salaire en moins.
N’oublions pas non plus le laxisme
politique avec un choix idéologique
qui consiste à ouvrir grand les portes
de la France, sans rien maîtriser. Je
vous livre un seul chiffre : + 42%
d’augmentation de l’immigration légale
entre janvier 2010 et janvier 2011 !
En Grande-Bretagne, David Cameron
a bien pris conscience du problème
en veillant à contrôler cette immigration
qui pourtant, pèse moins sur leur
système de protection sociale que
nous. Je dis souvent aux journalistes
américains de ne pas tenter de faire
de comparaisons entre eux et nous.
Aux Etats-Unis, un immigré subvient à ses propres besoins sans aide extérieure, à la différence de chez nous
(école gratuite, logements sociaux,
santé gratuite, etc.). En France, on ne
peut plus faire face.
Qu’en est-il de la question institutionnelle
dans votre programme ?
Au-delà bien évidemment du rétablissement
de la proportionnelle, nous ferons un certain nombre de
modifications constitutionnelles. C’est
Louis Alliot qui s’occupe de ces questions
au Front National. Aujourd’hui
interdite en France, nous intégrerons
d’abord la préférence nationale dans
la Constitution. Nous inscrirons également dans le marbre que la
République ne reconnaît aucune
communauté. Il y aura le rejet explicite
dans la Constitution du communautarisme.
A plusieurs reprises, vous avez
parlé de crise de régime.
C’est Nicolas Sarkozy qui l’a créée en
sortant des institutions. La bagarre
entre le président et François Fillon en
est la preuve. Elle est la conséquence
d’un Nicolas Sarkozy qui est sorti de
son rôle en étant un chef de parti. Dans
sa sagesse, le général De Gaulle considérait,
à juste titre que le président
devait être au-dessus des partis, pour éviter justement que des dissensions
internes à un mouvement politique
ne se transforment en crise de régime.
Un mot sur la Libye, sur les révolutions
arabes.
Je suis très réservée sur l’intervention
en Libye. Je pense qu’il ne fallait pas à intervenir dans les révolutions
arabes. Les peuples mènent leur
propre existence et tant mieux s’ils
accèdent à la démocratie. Il n’y a
qu’un malheur, c’est que je pense
que la démocratie ne fonctionne que
dans les Etats-nations. Si ça peut marcher
en Tunisie, ou en Egypte qui
sont des Etats-nations, je pense que
c’est inapplicable dans des pays qui
sont en réalité des constructions artificielles
et des coalitions tribales. C’est
le cas de l’Irak, de la Libye, du
Yémen, de Bahreïn. On s’aperçoit,
mais c’est l’histoire qui nous
l’apprend, que dans ces pays, il n’y
a qu’un pouvoir fort et souvent dictatorial
qui peut maintenir une forme
de cohésion nationale. Elle se fait
soit autour de la religion, soit autour
d’un chef de clan qui soumet les
autres tribus, comme l’a fait Kadhafi.
En Libye, on est face à une guerre
civile. On a mis le doigt dans un
engrenage dont on ne se sortira pas.
Que peut-on faire maintenant ? Soit
on se retire piteusement, soit on reste
et on s’embourbe comme en
Afghanistan.
La tentation islamiste en Egypte et
en Tunisie, existe-t-elle selon
vous ?
Je pense que ces pays peuvent arriver à une cote mal taillée en quelque
sorte comme en Turquie. C'est-à-dire
une société laïque avec une participation
des islamistes au gouvernement.
Si le peuple élit des islamistes,
je n’ai rien à y redire. Je suis pour la
souveraineté des peuples. Cela ne me
pose aucun problème tant qu’ils n’ont
pas d’attitude hostile à notre égard.
Tant qu’on ne cherchera pas à leur
imposer un modèle, un mode de vie
qui n’est pas le leur et qu’ils ont le sentiment
qu’on a pas à leur égard un
comportement néocolonialiste, il n’y
aura pas de problème. Plus on interviendra,
plus ils auront l’impression
que l’Occident cherche à s’immiscer
dans leurs affaires intérieures, et plus
ils cristalliseront le rejet de l’Occident
et ils auront des facilités à nous considérer
comme des ennemis naturels.
Je ne crois pas au conflit des civilisations.
Les nations souveraines peuvent
avoir des relations apaisées pour peu
que chacun respecte l’égalité des nations. Il y a dans le monde entier,
liée aux conséquences de la globalisation
et de la mondialisation, une
crispation identitaire. Cette crispation
identitaire est naturelle. Elle existe en
Occident, en France, en Europe. Les
populations retrouvent leur identité,
leurs racines. Ils en ont besoin dans ce
monde mondialisé. C’est aussi le cas
dans les pays arabes, autour de l’Islam.
On ne peut pas condamner chez eux,
ce qui se passe chez nous. Ce désir je
le comprends aussi bien dans mon
pays que dans les pays arabes. Mais
encore une fois, la politique d’équilibre
multipolaire qui devrait être portée
par la France aujourd’hui est, pardonnez
moi l’expression, « cul par dessus
tête » à cause de Nicolas Sarkozy.
En politique, il faut toujours penser à
l’intérêt de son peuple. On ne peut pas
apporter le bien partout. On n’est pas
chef du monde. On est président de
la France et comme tel, la seule question à se poser, la seule grille de lecture
que le doit avoir est l’intérêt de
son pays, de son peuple. Est-ce que
l’intérêt de mon pays et de mon peuple
est d’aller abattre Kadhafi ? Je ne le
crois pas. Le risque est de se retrouver
tout seul et d’être en première
ligne. Cela veut dire attentats terroristes
et risque d’immigration clandestine.
Nicolas Sarkozy a lancé cette guerre
pour des raisons électoralistes.
A la présidentielle, quel que soit
le résultat, on peut imaginer qu’il
sera très dur pour vous de passer
la barre des 50%...
Nous n’en savons rien ni vous, ni
moi. Mais je pense que les Français
sont majoritairement pour les idées
du Front National et cette pression
monte depuis 2002. La diabolisation
a joué le rôle de digue mais pour
combien de temps encore ? Les
digues tomberont un jour. Quand ?
Nul ne le sait. La logique voudrait que
structurellement, le Front national
arrive au pouvoir. Je ne pense pas
que cela soit conjoncturel. Reste que
si on termine ne serait-ce qu’à 40/60,
la vie politique française sera alors
totalement remodelée.
Seriez-vous prête à une alliance
avec l’UMP ?
Vous voulez dire accueillir les résidus de
reste de l’UMP qui viendraient demander à rentrer au Front national ? Oui, s’ils
quittent leur mouvement qui est dirigé
par des personnes qui ont menti et qui
ont fait l’inverse de ce qu’ils avaient
promis de faire. Par contre, s’ils restent à l’UMPS, ils devront en assumer les
conséquences et nous les ferons battre.
J’ai pour objectif d’atteindre le pouvoir
pour appliquer mes idées. Mais
il faut 50% des voix plus une. Cela
passe par un grand rassemblement
national et à ce titre, tous ceux qui
voudront nous rejoindre pourront le
faire. Ce que je ne veux pas c’est une
alliance entre partis politiques, tout
simplement parce que les idées de
l’UMP ne sont pas les miennes.
Sur le fond, comment percevez-vous
l’évolution de l’électorat ?
La césure droite gauche n’existe plus.
La vraie fracture électorale se fait maintenant
entre nationaux et mondialistes.
C’est pourquoi au Front National on
accueille aujourd’hui autant de gens
de droite que de gauche.
Que retiendrez-vous du quinquennat
de Nicolas Sarkozy ?
(Long silence). Mes enfants me trouvent
trop dure avec lui avant de me
rappeler qu’il a tout de même supprimé
l’école le samedi… C’est peut être un peu juste comme bilan.
Nicolas Sarkozy a fait beaucoup de
mal à la France. Sans ligne directrice,
il a engagé un processus de destruction
en profondeur de la structuration
de notre pays.
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le 1er décembre 2005
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