Retoquée en France par le Conseil constitutionnel, la taxe carbone revient sur le devant de la
scène… européenne. Explications.
Al’occasion de la révision de la directive sur la taxation de l’énergie, La Commission européenne s’est penchées
sur la question d’une taxe carbone à l’échelle européenne. De sa réflexion, plusieurs scénarii ont fait leur apparition,
dans l’attente d’une présentation officielle par la Commission. Les Etats devront ensuite se prononcer à
l’unanimité pour l’adopter. Rien n’est joué et toute reste à faire. Objectif officiel énoncé dans le texte de la Commission
: « corriger les prix de l’énergie pour refléter les coûts des émissions de Co2 et les contenus en énergie dans le but
de changer les comportements, les technologies utilisées (…), s’assurer que les Etats membres peuvent avoir des politiques
fiscales efficaces sans peur de pertes de compétitivité au sein du marché intérieur européen ».
Le texte prévoirait un prix plancher de 20 euros par tonne de CO2 quelque soit l’énergie utilisée. DE nombreuses
exemptions sont toutefois prévues, notamment pour le secteur agricole, les ménages pauvres ou
encore les zones rurales isolées.
Sont alors visées le logement et le transport jugés responsables respectivement de 23% et 10% des émissions de CO2
européennes. Dans son document, la Commission européenne explique ne pas « vouloir augmenter les taxes mais les
restructurer afin que le consommateur puisse choisir. Ils seraient ainsi en mesure de réduire le montant des taxes qu’ils
payent en modifiant leur comportement et en ayant une consommation d’énergie plus efficace ». En clair, le biocarburant
serait moins taxé que le charbon qui verrait son coût augmenter fortement. ¦
Que pensez-vous
de la réflexion
menée par la Commission
européene
sur une taxe carbone
flexible ?
Le Commissaire
Semeta, en charge
de la fiscalité, a proposé
en fait une
actualisation de la Directive sur l’Energie
; son projet visait à créer une taxe
à deux composantes, l’une liée à
l’émission de CO2, l’autre en fonction
de son contenu énergétique.
La fiscalité est en effet un domaine
essentiellement maîtrisé par chaque
Etat membre et les textes communautaires
sont soumis à la règle redoutable
de l’unanimité.
« La taxe carbone européenne » n’a
malheureusement pas été bien reçue
par le collège des commissaires et a
été reportée sine die le 25 juin dernier.
Mais la reprise du dossier par Janez
Potocnik, Commissaire européen à
l’environnement – qui s’est dit
convaincu de l’efficacité écologique
et économique d’une taxe – laisse
entrevoir l’espoir d’une reprise du
dialogue sur cette idée de taxe carbone
européenne.