Les FCPI : un dispositif vertueux pour
l’Etat,
les PME et les épargnants
Par Antoine Colboc, Responsable du Pôle Capital Risque de Crédit Agricole Private Equity et Fabrice Henry,
fondateur de BienServi, Co-présidents de la Commission Création et Financement de CroissancePlus
En effet, le système financier
n’a pas aujourd’hui de dispositif
qui pourrait se substituer
aux 500 millions d’euros investis
chaque année par les FCPI. Ces
fonds ont fait la preuve de leur efficacité,
pour les PME, pour l’Etat et
pour leurs souscripteurs.
Pour les PME : l’étude de 10 ans de
FCPI, produite en mai 2010 par
OSEO, démontre la force du dispositif
: 2,6 milliards d’euros investis en
fonds propres dans 900 entreprises
innovantes ont généré un chiffre
d’affaires de 7 milliards d’euros et
créés 42 000 emplois. Il est clair que
ces 900 PME, oeuvrant dans les secteurs
innovants des sciences de la vie
et des technologies de la communication
et de l’information, n’auraient
pu trouver aucune autre source de
financement et n’existeraient tout
simplement pas aujourd’hui sans les
FCPI. Ni le système bancaire traditionnel,
ni le Grand Emprunt, ni le
FSI, n’aurait investi dans ces entreprises.
Même si OSEO ou le CIR sont
des financements majeurs, ils nécessitent
au préalable l’existence des
fonds propres.
Pour l’Etat : grâce à un dispositif
d’avantage fiscal modéré,
l’effet d’entraînement sur la
mobilisation de l’épargne privée
est maximal. Ainsi, sur 10
ans, le coût du dispositif pour
l’Etat est d’environ 125 millions
d’euros par an. Mais, face
à cette contribution de l’Etat,
ce sont 3 fois plus, soit 375
millions d’euros, qui ont été
apportés par les Français ; une
épargne privée mobilisée pour être
fléchée vers les PME innovantes.
Inutile de dire que sans ce dispositif,
cette épargne des particuliers ne serait
jamais venue se placer dans ces entreprises.
Ce dispositif doit également
être salué car il participe à une évolution
des mentalités : oui les Français
soutiennent l’entreprise. Oui les
Français sont prêts à accompagner la
dynamique des entrepreneurs. Et il ne
faut donc pas casser cet élan
constructif car, on peut estimer que
le coût fiscal de ces 42 000 emplois
très qualifiés, est de l’ordre de 22 000
euros, soit en moyenne sur 5 ans, 4
500 euros par emploi et par an.
Autant dire, une somme que l’Etat
retrouve 5 fois en charges sociales et
en taxes.
Pour le souscripteur : une étude réalisée
par Crédit Agricole Private
Equity, portant sur 150 FCPI, montre
un rendement moyen, net de l’avantage
fiscal, de 2,5 % par an sur 8
ans. Et cette moyenne recouvre une
variation très importante entre les
fonds et les millésimes. Il en est de
ce placement, comme de tous les
placements en actions : une volatilité
des performances très importante,
mais, certainement moindre
que la bourse pendant ces 10 dernières
années. En fin de compte, au
delà d’un geste citoyen, le souscripteur
protège son patrimoine et fait
fructifier celui de la France.
Le dispositif des FCPI est donc vertueux
pour tous les acteurs de la
chaîne. Il nous est envié par tous
nos partenaires européens, où nous
faisons figure d’exception et d’efficacité
dans le domaine du financement
de l’innovation.
Il appartient aux organisations professionnelles
et aux entrepreneurs
de travailler avec les pouvoirs
publics pour poursuivre l’amélioration
du dispositif en favorisant
sa transparence, en accompagnant
la gestion des risques, et en réduisant
les coûts.
En renouvelant la loi portant sur le
dispositif FCPI les entrepreneurs
de CroissancePlus sont convaincus
que les parlementaires font le
meilleur acte de gestion des ressources
de l’Etat. ¦