La récente décision
de la chaîne de restauration rapide Quick de n’offrir
dans certains de ses
magasins que des sandwichs hallal a créé un fort
malaise. Les partisans d’une stricte laïcité et
qui dénnoncent une dérive “communautariste” s’opposent à ceux
qui défendent la liberté
d’entreprendre. Regards croisés.
Jacques Myard
Député (UMP, Yvelines),
Président du Cercle Nation
et République
Quick fait du zèle :
non au communautarisme !
L’expérimentation conduite par
Quick France sur huit restaurants
visant à tester l’opportunité de proposer à ses
clients uniquement
de la nourriture hallal est une grave dérive communautariste
contraire aux principes républicains.
Si une grande chaîne de restauration rapide peut certainement
proposer
des plats spécifiques pour les pratiques alimentaires
des uns
et des autres, il est en revanche inadmissible d’imposer à tous
les
usages d’un groupe religieux quel qu’il soit. La
certification hallal
impliquant par ailleurs le paiement d’une redevance à des
autorités
religieuses, il est inacceptable que dans un pays laïc
l’ensemble
des clients d’une chaîne de restauration y soit
assujettie.
La communication de Quick explique que le choix du tout
hallal
est un choix de rationalisation des coûts dans certains
restaurants.
En effet, la certification hallal impose, tout comme
la
certification casher, une séparation nette des produits
hallal et
non hallal. Néanmoins, cet argument n’est pas
acceptable du point
de vue du principe de laïcité, qui subordonne la
loi religieuse
aux principes républicains.
En outre, les clients musulmans, qui se réjouissent
de pouvoir
consommer hallal, ne demandent en aucune manière l’exclusivité
de ce type de nourriture dans les chaînes de restauration
rapide.
Eux-mêmes ne comprennent pas vraiment cette décision,
et craignent
que leur religion soit stigmatisée comme intolérante.
Ce
n’est donc pas leur rendre service que de les présenter
comme sectaires,
ce que la très grande majorité d’entre
eux n’est pas.
Le débat sur l’identité nationale a fait
une large part à l’intégration.
Il en a souligné les réussites et les échecs.
Dans ce contexte, présenter
de manière visible certains quartiers comme « 100%
musulmans
» a toutes les chances d’être perçu
comme une dérive communautariste
directement contraire à l’indivisibilité de
la République.
Il est dès lors urgent que cette expérimentation
soit modifiée en
proposant des plats hallal aussi bien que casher, tout
en permettant
à ceux qui ne souhaitent consommer aucune nourriture
religieuse
de le faire.
La maison Quick a dépassé les bornes et joue
avec le feu !
Quick fait du zèle.
Non au communautarisme !.
Sophie de Menthon
Présidente d'ETHIC
A quand un arrêté municipal
pour fixer les menus
de chaque restaurant ?
Le Mouvement ETHIC
s’inquiète vivement des réactions des élus
locaux de
Roubaix mettant en danger la liberté du Commerce, en
attaquant l’enseigne de restauration rapide Quick.
En effet, la chaîne QUICK a décidé que
8 de ses fast-food
seraient « halal », dont celui de Roubaix qui a
déchaîné
l’indignation de certains hommes politiques.
Rappelons que ce choix « halal » résulte
tout simplement
de la rencontre entre l’offre et la demande et d’un
choix
marketing. Que ce choix réponde à un goût
particulier,
au succès d’une spécialité étrangère
ou à une tradition
culturelle ou religieuse, relève de la liberté d’entreprendre.
Fustiger l’offre « halal » est extrêmement
discriminant.
Quant à l’offre commerciale elle-même, elle
satisfait pleinement
puisque 2 enseignes Quick ont été obligées
de
refuser des clients : la rançon du succès !
Par ailleurs, c’est un non-sens de prétendre vouloir
imposer
à un commerçant ce qu’il doit vendre. C’est
ce qui
est en train de se produire en prétendant exiger qu’il
y
ait du « bacon dans les hamburgers » ! Va-t-on
instaurer
une nouvelle contrainte pour y mettre aussi des cornichons
pour les végétariens ?!
Si l’offre « halal » est décevante
et qu’une partie de la
population souhaite un fast-food « classique »,
une autre
enseigne sera ravie de s’installer et de profiter de
cette
opportunité : cela s’appelle un « créneau » en
terme de
politique de vente.
Signalons que personne ne s’insurge, à juste titre,
contre
des magasins et des restaurants entièrement dédiés à la
nourriture italienne, indou, chaînes de sushis, boucheries
casher, etc.
Le Mouvement ETHIC estime de son devoir de réagir
pour protéger la libre entreprise. Il peut être
du ressort
d’un élu de refuser le communautarisme dans les
établissements publics (piscine ou autre), mais il
convient de respecter le droit du commerce et le
choix du consommateur.