Les sept pays européens acheteurs de l'A400M ont promis
de rechercher un compromis avec
Airbus sur le budget du programme.
“Il faut trouver les moyens de procéder
à une augmentation du
prix de l’avion”. Les propos
récents du patron d’EADS, Louis
Gallois ont fait l’effet d’une bombe,
même s’ils se voulaient rassurants
après ceux, alarmistes, de Thomas
Enders, patron d’Airbus qui évoquaient
le possible abandon du programme.
Entretien avec Jean-Claude Viollet, Député (SRC, Charente), Membre de la Commission de la Défense
et des Forces armées, Rapporteur du budget de l’Air
Quel regard portez-
vous sur les
derniers soubresauts
autour de
l’A400M ?
Lancé mi 2003, le
programme A 400M
est, avec ses 20 milliards
d’euros initiaux
pour 180
avions commandés,
le plus important programme de
défense européen à ce jour et les
perspectives à l’export sont prometteuses,
car il sera le seul avion de
transport militaire au monde à développer
de telles capacités à la fois
techniques et stratégiques. C’est
enfin un enjeu industriel et politique
majeur. Il est donc raisonnable
d’essayer de gérer au mieux les dernières
étapes. Je dis dernières parce
que l’on a déjà eu nombre de difficultés
sur le parcours. Sur la question
du contrat, j’ai toujours soutenu
l’idée qu’il fallait le renégocier. Et je
ne reviens pas sur les erreurs commises
: contrat civil pour un appareil
militaire, montage industriel…
Aujourd’hui ce qui importe, c’est de
sortir de cette affaire par le haut.
Le jour de la réunion de la dernière
chance à Berlin, un audit réalisé
par le cabinet
PricewaterhouseCoopers, à la
demande des pays acquéreurs,
dénonce la gestion du programme
A400M par EADS. Le rapport met
en avant les erreurs de
management et l’absence de
mécanismes propres à évaluer
l’état d'avancement du programme.
Les coûts du projet auraient été également sous-évalués et ce de
façon significative. Enfin, le rapport
pointe du doigt une gestion hasardeuse
des relations avec le
cabinet, mettant en cause des
archives parfois incohérentes,
l’absence de réponses aux
questions posées avant finalement
que le groupe ne décide de cesser
de coopérer fin novembre.
PricewaterhouseCoopers conclut
toute de même que le consortium a
davantage à perdre qu'à gagner
d'un abandon pur et simple du programme.
EADS a été mis au courant
de ces conclusions fin 2009.