Le bien être des salariés en collectivité territoriale
Par Olivier Régis, Délégué Général du FORUM pour la Gestion des Villes et des Collectivités Territoriales
En 2008, le FORUM pour
la Gestion des Villes a
conduit en partenariat
avec l’Association des Maires
de France et le soutien du
groupe ACCOR SERVICES,
une enquête auprès des Directeurs
des Ressources Humaines de
109 villes de plus de 35 000 habitants.
Celle-ci a fait l’objet d’une première
restitution en décembre 2008 à
l’occasion des Entretiens Territoriaux
de Strasbourg organisé par le CNFPT.
La gestion des Ressources Humaines et
le personnel représentent la première
dépense de fonctionnement des collectivités.
De fait, l’état de santé et les
perceptions de cette population sont
essentiels pour mesurer en partie la
performance des collectivités. Fort logiquement,
il ressort que l’amélioration
des conditions de travail constitue une
problématique prioritaire.
Pour correspondre à cette priorité et
comprendre les orientations du management,
on doit s’arrêter sur la première
source d’insatisfaction : le
manque de reconnaissance des agents
territoriaux. Bien sûr, en rentrant dans
le détail des catégories d’agents,
d’autres raisons apparaissent. Pour les
agents de catégorie A, la principale difficulté
évoquée est la charge de travail.
Les agents B semblent surtout ressentir
un manque de reconnaissance,
la charge de travail arrivant juste
ensuite. Enfin, les catégories C semblent
affectées également par les
conflits interpersonnels avec leur hiérarchie
et leurs collègues.
Une citation marquante, relevé dans
l’enquête, illustre cette forte perception
et synthétise les attentes des salariés
des collectivités. « Le bien-être au travail,
c’est avoir des conditions de travail
(matérielles ou autres) satisfaisantes,
se sentir reconnu dans son
travail, avoir des conditions de travail
équilibrées, travailler sereinement,
connaître les enjeux, avoir des objectifs
de travail clairs et les moyens
d’atteindre ces objectifs. »
La loi de 2007 a formalisé les outils
mais son application semble
aujourd’hui difficile. Elle ne résout
pas le quotidien des DRH des collectivités
et les divise. Alors que certains
y voient l’opportunité de clarifier les
rôles de chacun et d’impliquer davantage
les différents acteurs, d’autres
considèrent que cette loi n’a pas permis
d’améliorer sensiblement leur plan
d’action sociale, car celui-ci était déjà
conséquent avant l’application de cette
loi, d’autres enfin pensent qu’il est
trop tôt pour se prononcer sur les
apports de cette loi.
Toutefois, au-delà du souci d’apporter
des conditions de travail socialement
respectueuses pour maximiser la compétitivité
des salariés, assurer le bien
être de leurs agents prend une dimension
particulière au sein des collectivités
territoriales. L’exemplarité dans la
gestion managériale interne ainsi que
le développement d’un service public
toujours plus qualitatif et proche du
citoyen constituent deux exigences et
deux défis essentiels des collectivités
et des élus qui la représentent.
C’est pourquoi ce sujet, s’inscrit au
coeur des priorités de l’action publique
locale, des DRH et des élus. On ne
peut véritablement faire entendre un
discours politique engagé sur le respect
d’un labeur éthique et socialement
acceptable qu’en assumant cette
responsabilité de bon manager au sein
de sa propre collectivité.
La loi du 19 février 2007
La loi laisse aux collectivités le soin de
définir le type de prestations sociales
et le montant des dépenses correspondantes,
ainsi que leur mode de
gestion. Elles peuvent ainsi confier la
gestion de tout ou partie des prestations
d'action sociale octroyées à leurs agents
à des organismes à but non lucratif ou
à des associations nationales ou locales
régies par la loi du 1er juillet 1901.
La loi de février 2007 rend obligatoire
l’inscription de ces dépenses d’action
sociale, à défaut de quoi le préfet peut
procéder à leur inscription d'office.
Dès lors, les prestations sociales figurent
dans la liste des dépenses obligatoires.
Les collectivités ont donc
l’obligation d’offrir à leur personnel
des prestations d’action.