Le Conseil des ministres de l'UE a supprimé les Moudjahidine du peuple de la liste des organisations terroristes
15 000 Iraniens se sont rassemblés à Bruxelles pour saluer cette décision
Les ministres européens des Affaires
étrangères ont retiré le 26 janvier
le principal mouvement d'opposition
iranien, l'organisation des Moudjahidine
du peuple d'Iran (OMPI) de la
liste des organisations terroristes. C'est
une première qui vient couronner sept
années de bataille juridique à laquelle
se sont associés de nombreux parlementaires
et personnalités françaises.
Le député Jean-Philippe Maurer,
président du Comité parlementaire
pour un Iran laïc et démocratique,
fondé avec Jean-Pierre Brard et une
dizaine d'autres parlementaires, s'est
félicité dans un communiqué de ce
que les Moudjahidines du peuple aient
été « enfin reconnus dans leurs droits ».
Pour sa part, le Comité français pour
un Iran démocratique, fondé par l'ancien
député et magistrat François
Colcombet, Jean-Pierre Michel,
Sénateur de la Haute Saône et Alain
Vivien, ancien secrétaire d’Etat aux
Affaires étrangères, a estimé que cette
décision était la victoire des valeurs
de l’Union européenne qui seront
celles de l’Iran de demain : démocratie,
refus des armements
nucléaires, laïcité de l’Etat.
L'inscription de l'OMPI avait été effectuée
en juillet 2008 à la demande de
la France. Paris a déposé un recours
contre la décision du 4 décembre 2008
du tribunal européen annulant la désignation
de terroriste de l'OMPI. Le
Comité européen pour l’application
de la justice (ISJ) qui a le soutien de
2000 parlementaires à travers l'Europe
a toutefois précisé que cet appel qui
n'est autorisé uniquement que sur des
points de droit, n’aura aucun impact.
La décision du tribunal européen de
première instance du 4 décembre 2008
affirme clairement que la France n'a
pas fourni de « preuves ou d’indices
sérieux et crédibles » pour soutenir la
désignation de l’OMPI. La décision de
l'UE porte ainsi un coup fatal à la procédure
judiciaire contre des réfugiés
politiques iraniens en France qui a
servi de prétexte au maintien de l'OMPI
sur la liste en juillet dernier. Ce dossier
français ouvert depuis huit ans n'a
pas encore été transmis à un tribunal
compétent. Il faut s'attendre à sa clôture
et mettre un terme à la répression
de l'opposition iranienne en France.
A cette occasion Alejo Vidal-Quadras,
Vice-président du Parlement européen
et président de l’ISJ, a rappelé qu’après
l’annulation de l'étiquette terroriste de
l'OMPI, le temps était venu pour l'UE
de reconnaître la Résistance iranienne
et de lui apporter un soutien politique.
Il a déclaré que le régime des mollahs
devait être inscrit sur la liste des organisations
terroristes et soumis à des
sanctions générales.
Au lendemain de la décision de l'UE,
plus de 15 000 Iraniens sympathisants
de l'OMPI ont manifesté devant le
siège de l'Union européenne à
Bruxelles pour célébrer la réhabilitation
de leur mouvement de résistance.
S'adressant à la foule Mme Maryam
Radjavi, Présidente élue de la Résistance
iranienne, a dit qu’avec la radiation
de l’OMPI, le coeur de la politique
de complaisance de l’Europe
était réduit à néant et que le régime
des mollahs avait perdu son investissement
stratégique pour détruire
la Résistance.
Pour Mme Radjavi, l’étiquette de terroriste
a été le plus grand facteur de
prolongation du fascisme religieux au
pouvoir en Iran. Désormais, le vent
du changement démocratique va
souffler avec plus de force en Iran,
a-t-elle lancé.
Aux côtés de très nombreuses personnalités
venues de toute l’Europe et
qu’elle a vivement remerciées, la Présidente
élue de la Résistance iranienne
a salué les efforts sans relâche de tous
les sympathisants du CNRI pour faire
reconnaître le droit des Iraniens à
résister :
« Le mur de la marque du terrorisme
s'est effondré. Le sort est rompu.
Grâce à la persévérance, vous avez
courageusement traversé les flammes
de l'injustice et remporté la victoire
de la loi et de la justice. Votre résistance
a confirmé le droit du peuple
iranien de lutter pour la liberté. Cela
marque un tournant décisif dans
la voie du changement démocratique
en Iran ».