"Le monde de l'intérêt écpnomique n'est pas l'ennemi de la préoccupation collective"
Entretien avec Jean-Marie Caillaud, Président et Gaëtan Chauderlot, Secrétaire Général
Pouvez-vous
nous présenter
LA BULLE ?
La Bulle a été créée
en mars 2001 par
un petit groupe
d’amis des secteurs
privé et public qui
se rencontraient
régulièrement,
pour partager le
plaisir d’échanger
et, quand l’occasion se présentait, pour s’entraider. Au fur
et à mesure de ces rencontres, les membres du groupe se
sont rendus compte que la nature des liens qui les unissaient
rendait leurs collaborations extrêmement efficaces
et percutantes. Progressivement, un véritable système
d’entraide et de coopération basé sur l’estime s’est développé.
Il a conduit à une extension très significative de la
base des contacts mais dans le strict respect de l’état
d’esprit initial. De ce constat est née une association, un
Cercle jouant un rôle de bulle de décompression et de
détente pour ces
managers, agents
publiques et collaborateurs
d’élus.
Loin du formalisme
qui caractérise
de trop nombreux
clubs, la Bulle se distingue par la simplicité, le
respect, l’humilité et revendique un statut d’association apolitique.
L’élitisme de la Bulle réside davantage dans les qualités
humaines, que dans la valeur des postes occupés par
ses membres.
Combien de membres à ce jour ? Quelle est la répartition
entre la sphère privée et la sphère politique ?
Aujourd’hui, le Cercle La Bulle a dépassé les 600 membres
issus de secteurs d’activité très variés et compte un listing
de 1 200 sympathisants susceptibles d’enrichir ces rendez-vous.
Fait rare et exceptionnel, 50% des adhérents viennent
du secteur public et 50% du secteur privé. La plupart
sont de jeunes actifs de 30 à 40 ans, énarques,
membres de cabinets, hauts fonctionnaires, assistants parlementaires,
cadres supérieurs d’entreprises du privé. Ces
hommes et ces femmes sont de véritables travailleurs de
l’ombre qui conseillent les décideurs les plus importants
du monde de la politique et de l’industrie. Dans l’échange
et l’attention, la mixité public-privé permet de franchir les
barrières culturelles qui d’ordinaire séparent ces deux
mondes en France.
Un article récent de la presse nationale vous présentait
comme un cercle d'influence de premier plan...
qu'en est-t-il vraiment ?
Si l’influence se quantifie par la qualité de ses membres
dans leur degré de participation à l’élaboration de la décision,
alors oui La Bulle est un cercle d’influence non négligeable.
Mais pour nous, notre force réside plutôt dans notre
capacité à faciliter les échanges et la compréhension
mutuelle entre deux mondes habituellement si différend
en apparence, la sphère publique et le monde du privé.
Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que ces deux univers
gagnent à mieux se connaître tant en terme de
fonctionnement qu’en terme de compétitivité ou de performances.
Nous sommes atterrés de voir qu’entre le
Public et le Privé, les regards sont souvent ceux des
chiens de faïence. L’état d’esprit qui règne à La Bulle permet
de franchir les barrières culturelles qui séparent
malheureusement ces deux mondes dans notre pays et
qui l’empêche de se réformer pour continuer à compter
dans la compétition économique internationale.
Quand nos lobbyistes français et nos politiques comprendront,
comme c’est le cas à La Bulle, que le Public
et le Privé peuvent échanger sans pour autant se corrompre,
nous aurons alors fait un très grand pas !!!
Vous accueillez régulièrement de prestigieux invités.
Comment la sélection s’opère t-elle ?
Il n’y a à priori aucune sélection sauf celles de la SIMPLICITE
et du RESPECT. Nous partons du principe que
tous les sujets, toutes les expériences peuvent nous
enrichir dans notre quotidien comme dans les projets
qui nous intéressent, qu’ils soient d’ordre privé ou professionnel.
Les invités sont sollicités soit par ce qu’ils ont
une actualité intéressante, soit parce que nous pensons
qu’ils ont un discours faits de convictions et une expérience
qui permet de les illustrer.
Sur quelles thématiques portent vos échanges ?
Les thèmes sont très variables et découlent de ce que
nous demandent et nous proposent nos membres. Car
à la Bulle, ils sont tous acteurs de la vie de l’association.
Celui qui apporte une proposition devient de
facto chef de projet et travaille avec ceux qui sont
intéressés par le sujet. Il n’y a pas de mauvais thèmes
dès lors que l’intervenant est un passionné et que le
sujet attise la curiosité.
Comment se déroule concrètement un diner-débat ?
En général, la soirée se déroule en trois temps. Premier
temps, un apéritif qui permet aux adhérents de se « reconnecter
» et de faire connaissance avec les nouveaux venus.
Deuxième temps, la présentation de l’invité, son intervention
et les questions-réponses. Le troisième temps est
consacré aux adhérents et a été pensé pour eux. Il sert à
échanger sur tous les sujets que les membres souhaitent
aborder entre eux, soit en tête à tête, soit en petits comités.
Cela est facilité par la remise d’une liste des présents
et de leurs fonctions en début de repas.
Que pensez-vous du travail parlementaire ?
Il est par essence l’âme même de notre démocratie et de
son expression. Il se doit donc d’être préservé et mis en
valeur. La réforme engagée répond à ces préoccupations
tout en proposant une véritable modernisation de son
fonctionnement. En tant que praticien nous ne pouvons que
nous féliciter du travail mené avec les deux chambres, qu’il
s’agisse des parlementaires, de leurs collaborateurs ou des
personnels administratifs. La force de proposition, la compétence
technique, la réactivité des personnels permettent
aujourd’hui de répondre avec efficacité aux enjeux d’une
démocratie moderne et partagée.
Seul souhait sans doute, que l’inquiétude, la méfiance parfois
qui s’attachent aux relations entre les Elus de la
Nation et les tenants du secteur privé s’estompent. Non
qu’il s’agisse de subordonner l’intérêt particulier à l’intérêt
général, mais simplement de penser que le monde de
l’intérêt économique n’est pas l’ennemi de la préoccupation
collective.