Par Alain Mathieu, président de Contribuables Associés
“Sans réduction du poids de
nos dépenses publiques,
nous n’irons pas chercher le
point de croissance qui nous
manque” disait Nicolas Sarkozy le
12 décembre 2007. Il ajoutait que
pour être à égalité avec l’Allemagne,
nos dépenses publiques devraient
être réduites de 150 Md € par an. Il
répétait encore cette constatation le
27 janvier 2009. Car la compétitivité
de nos entreprises, leur développement
et la création d’emplois dépendent
largement de la compétitivité de
nos administrations, qui absorbent
53% de notre production. La crise
économique n’a pas changé ces données
fondamentales.
Certains dirigeants étrangers l’ont
compris. Annonçant le 24 novembre
2008 une baisse de la TVA coûtant
12,5 Md £ au Trésor britannique, le
Chancelier de l’Echiquier annonçait
en même temps des réductions de
dépenses publiques trois fois supérieures.
De même Angela Merkel et
le premier ministre du Canada ont
tout fait pour éviter la « course aux
milliards » que le ministre des
Finances social-démocrate allemand
qualifiait de « populiste et inefficace ».
La crise actuelle est due à un excès
de crédit. La réserve fédérale américaine
est trop dépendante du
Congrès, comme l’a rappelé Alan
Greenspan dans ses Mémoires et
lors de son audition d’octobre à la
Chambre des représentants. Sous la
pression des hommes politiques, elle
a laissé les crédits enfler outre
mesure. La bulle a éclaté. La
confiance a disparu. Le dégonflement
des crédits excédentaires prendra
du temps : pour revenir à un
niveau normal, le total des crédits
bancaires mondiaux devraient se
réduire d’environ 20 %, passant de 48
à 38 % du PIB
mondial. Tant que
la bulle ne se sera
pas ainsi dégonflée,
la confiance
ne reviendra pas et
les plans de
relance seront
inutiles. Comme l’a
déclaré le Président
tchèque,
Vaclav Klaus,
pour soigner une grippe, on peut
aller chez un médecin, et la grippe
est guérie en une semaine, ou ne
rien faire, et la grippe est guérie en
sept jours !
Heureusement le plan français est en
grande partie factice. Les 11 Md € de
remboursements de dettes et de versements
accélérés d’acomptes ne sont
pas des dépenses supplémentaires.
Les 11 Md € d’investissements publics
sont pour la plupart inutiles, comme
les tunnels Lyon - Turin et le canal
Seine-Nord. Mais ils ne seront pas réalisés
plus rapidement qu’en l’absence
de plan. Celui-ci sera donc assez peu
nuisible.
En attendant la baisse des encours de
crédits bancaires qui provoquera le
retour de la confiance, notre pays doit
revenir aux fondamentaux : rendre
notre secteur public compétitif.
Quelques mesures simples le permettraient.
Les Canadiens ont bloqué
les salaires de leurs fonctionnaires
pendant trois ans. Ils ont fait une véritable
« revue générale des politiques
publiques » qui a fait baisser leurs
dépenses publiques de 20 %, et non
de 0,7 % comme la notre. Ce qui leur
a valu 15 ans de prospérité. La Suède,
la Finlande, le Danemark, l’Irlande
ont fait de même, avec les mêmes
résultats. Voilà le plan de relance dont
la France a besoin.