Le
recyclage : une démarche citoyenne aujourd'hui, un devoir demain
La France produit 650 millions de tonnes de déchets par an.
150 millions de tonnes sont des déchets ménagers, dont 47 millions
de tonnes sont pris en charge par les communes. Le reste est
produit par les entreprises, pour lesquelles aucune obligation
de récupération n'existe encore.
Les débuts de la législation française en matière de déchets
En France, la législation sur les déchets a débuté avec la loi
du 15 juillet 1975, relative à leur élimination et à la récupération
des matériaux. Cette loi attribue aux communes la responsabilité
de la collecte et de l'élimination des déchets ménagers. Elle
incite également les producteurs de déchets à diminuer le volume
de détritus détruits et à valoriser les matériaux lorsque cela
est possible. Suite à cette loi, les communes se sont regroupées
pour mettre en place une infrastructure de collecte et de traitement
des déchets ménagers.
Le "décret emballages"
Le décret du 1 er avril 1992 met en place une réglementation
spécifique concernant l'élimination des déchets résultant de
l'abandon d'emballages. Il met en oeuvre les dispositions des
directives européennes de 1975 et 1991. Le dispositif vise à
éliminer les déchets d'emballages dont les détenteurs finaux
sont les ménages. Le principe est que le producteur, l'importateur
ou le responsable de la mise sur le marché du produit est tenu
de pourvoir (par un système de consignation) ou de contribuer
(via un dispositif collectif) à l'élimination des déchets d'emballages.
Ainsi n'y a-t-il qu'une obligation de reprise et non de valorisation
du déchet.
La loi du 13 juillet 1992, dite "loi Lalonde", a renforcé la
loi de 1975. Elle a notamment fixé un ultimatum en interdisant,
à compter du 1er juillet 2002, la mise en décharge des déchets
bruts. Les communes doivent désormais participer à la valorisation
de leurs ordures : recyclage, réemploi, fabrication de compost,
incinération avec valorisation énergétique.
Seuls les déchets ultimes (non incinérables, non recyclables,
non compostables) peuvent être stockés dans des centres d'enfouissement.
Les préfets doivent élaborer des plans départementaux d'élimination,
après consultation des élus, des milieux socio-économiques et
des associations. Cette loi vise à prévenir l'apparition des
déchets en agissant à la source sur la conception et la distribution
des produits. Elle privilégie ensuite leur valorisation sous
toutes ses formes : réutilisation, recyclage, récupération de
l'énergie, afin que seuls les déchets ultimes finissent en décharge.
Déchets en France : les chiffres de l'état d'urgence
En raison du flot sans cesse croissant de déchets, + 1,85 %
par an en moyenne, le recyclage n'est plus un "gadget" facultatif.
Chaque habitant produit journellement 1,5 kg de déchets. Actuellement,
les chiffres français du recyclage sont largement perfectibles
: le taux de valorisation du plastique en 2003 n'a été que de
15 %, celui des papiers cartons de 46 %, l'acier de 83 %, et
l'aluminium de 20 %. Il n'est plus question de déposer les ordures
ménagères en décharge ou de les stocker. Le défi est de réussir
à tirer parti du déchet au maximum. Le recyclage des déchets
ménagers consiste à convertir en matière première secondaire
les matériaux recyclables pour les réintroduire dans un nouveau
cycle de fabrication. Cette question devient urgente. En 1960,
le poids moyen des déchets ménagers par an et par habitant était
de 303 kg, il est passé à 588 kg aujourd'hui. De plus, la part
des emballages non dégradables a explosé : ils représentent
50 % du volume de nos poubelles et 33 % de leur poids.
Solution d'avenir
Le recyclage apparaît comme une solution d'avenir. Il favorise
la préservation des ressources naturelles. Pour exemple, 1,3
million de tonnes de verre recyclées correspondent à 860 000
tonnes de sable préservées ; 7 000 tonnes d'aluminium réintégrées
permettent d'épargner 15 000 tonnes de bauxite ; 3 milliards
de bouteilles de plastique réinsérées équivalent à une économie
de 80 000 tonnes de pétrole brut. Raccourcissant les circuits
de fabrication, la récupération de matériaux permet également
de dépenser moins d'énergie.