Par Serge Lepeltier,
Ministre de l'Écologie et du Développement Durable
Les impacts de l'environnement sur notre santé sont manifestes
et importants. Pour nombre de nos concitoyens elles sont à la
fois sources de nombreuses inquiétudes fort justifiées et objet
de demandes légitimes. Il s'agit pour moi d'une priorité. Je
suis donc particulièrement heureux que le salon POLLUTEC ait
mis ce thème à l'honneur cette année.
Conscient de cet enjeu majeur, le Gouvernement a défini un Plan
National Santé Environnement. Présenté par le Premier ministre
le 21 juin 2004, ce plan structure notre action sur les 5 ans
à venir. Il comprend de très nombreuses mesures ciblées. Parmi
ses priorités, je pense à la prévention de la légionellose (réduction
de 50% de l'incidence d'ici 2008), à la réduction des émissions
aériennes de substances toxiques d'origine industrielle (85%
pour les dioxines, 65% pour le plomb…), à la réduction des émissions
de particules fines par les véhicules (généralisation des filtres
à particules sur les véhicules neufs d'ici 2010) ou à la mise
en place de la procédure d'autorisation de mise sur le marché
des produits biocides qui vient de débuter.
D'autres thèmes, au coeur des problématiques abordées à Pollutec,
ont fait l'objet d'une forte actualité en 2004.
Après un grand débat national sur l'eau, organisé en 2003, une
concertation avec l'ensemble des acteurs sur le projet de loi
sur l'eau et les milieux aquatiques a eu lieu cette année. Je
présenterai en janvier prochain le projet de loi en conseil
des ministres. Je souhaite qu'il soit examiné dans la foulée
par le parlement au 2ème trimestre 2005. Ce projet va permettre
de remplir l'objectif fixé par la directive cadre sur l'eau
: atteindre le bon état écologique des eaux dans nos cours d'eau,
nappes souterraines et eaux littorales d'ici 2015.
Le projet de loi prévoit notamment de renforcer l'action des
agences de l'eau ainsi que la gestion locale et participative
de l'eau au niveau des bassins versants. C'est en effet localement,
et en associant l'ensemble des usagers, que les meilleures actions
nécessaires à la gestion de l'eau peuvent être définies et mises
en oeuvre.
Concernant les risques industriels, la loi du 30 juillet 2003
prévoit une nouvelle approche d'évaluation du risque, renforce
la prévention, mais donne aussi une grande importance à la formation
et l'information de tous ceux qui sont concernés par ces risques,
employés ou riverains. La loi renforce également la prévention
des pollutions des sols.
En 2004, un plan national a été présenté par les pouvoirs publics
pour prévenir la production de déchets. La prévention des déchets
doit devenir un réflexe, au même titre que le geste de tri et
le recyclage.. Très concrètement, j'ai lancé le 16 juin dernier
l'autocollant "Stop pub". Il permet à chacun de manifester son
souhait de ne pas recevoir d'imprimés sans adresse. Si 5 % des
foyers apposent un tel autocollant, 40 000 tonnes de production
de déchets seront évitées en France.
Enfin, la lutte contre le changement climatique est le défi
écologique de ce début de XXIème siècle. Le plan Climat présenté
en juillet rassemble les mesures prises pour respecter notre
engagement de stabiliser nos émissions de gaz à effet de serre
d'ici 2010. Parmi elles : la mise en place à partir du 1er janvier
2005 d'un système d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet
de serre dans la communauté européenne.
La réglementation des installations industrielles est de plus
en plus européenne et internationale. Cette évolution doit être
un encouragement à poursuivre les progrès en intégrant le meilleur
de l'expérience de nos voisins européens et mondiaux.
A cet égard le salon Pollutec est un lieu privilégié d'échanges,
entre tous les acteurs français, européens, et internationaux
de l'écologie et du développement durable. Cette édition sera
notamment l'occasion de renforcer dans ces domaines la coopération
entre la France et le Maroc, pays invité d'honneur.