La prise en compte croissante des problématiques de développement
durable dans nos sociétés a donné le jour à une nouvelle activité
économique, le secteur des éco-industries. Les éco-activités
doivent leur émergence aux politiques environnementales nationales
et européennes, voire à des accords internationaux comme le
protocole de Kyoto ou la Convention de Bâle. Une définition
de ces activités a été donnée par l'OCDE/EUROSTAT, officialisant
le secteur. Ces activités "produisent des biens et services
capables de mesurer, de prévenir, de limiter ou de corriger
les impacts environnementaux tels que la pollution de l'eau,
de l'air, du sol, ainsi que les problèmes liés aux déchets,
au bruit et aux éco-systèmes". Cette branche économique
vise donc à protéger notre environnement des impacts négatifs
des activités humaines, soit en proposant des services, soit
en concevant des équipements de nature à prévenir et réduire
les pollutions. Ces activités peuvent être le fait des administrations
publiques mais aussi d'intervenants privés, auxquels le secteur
public délègue une grande partie de ses activités de protection
de l'environnement. Relevant le défi et les opportunités du
développement durable, les éco-industries fournissent d'importants
efforts en Recherche & Développement. Ces savoir-faire peuvent
apporter des solutions concernant le traitement des fumées,
l'épuration de l'eau ou le recyclage des déchets, tout en préservant
la compétitivité de l'économie, montrant ainsi que le développement
durable n'est pas une contrainte non rentable pour les entreprises.
Ainsi s'affirme, depuis plusieurs années, un secteur industriel
qui emploie plus de 150 000 personnes.
… qui décolle économiquement
D'après les estimations récentes du Ministère de l'Écologie
et du Développement Durable, le chiffre d'affaires des éco-entreprises
en 2002 sur le champ de la protection de l'environnement était
de 21 milliards d'euros. Les indicateurs et statistiques montrent
que le secteur progresse plus vite que le reste de l'économie
dans son ensemble.
Le chiffre d'affaires des éco-entreprises se répartit comme
suit : 40 % dans les activités de collecte, gestion d'installations
et services associés, 29 % dans la récupération et 25 % dans
la fabrication, l'installation et la maintenance d'équipements
ou la fabrication de produits. 5 % du chiffre d'affaires de
l'activité est assuré par les études, le conseil, l'ingénierie,
le contrôle et la R&D. La clientèle est essentiellement nationale,
avec un taux d'exportation de 15 %. Mais sur certaines niches,
les éco-entreprises atteignent un taux d'exportation de 100
%. En France, les principaux clients des éco-entreprises sont
les industries, qui représentent 45% de leur chiffre d'affaires.
Les collectivités locales arrivent en deuxième position avec
37 %. Si le secteur public est un gros client, il est aussi
un mauvais payeur : le non-respect des délais de paiement sur
les marchés publics handicape les plus petites éco-entreprises,
d'autant plus que les banques méconnaissent ce genre d'activité.
Un secteur d'avenir, à privilégier…
Les politiques publiques et les évolutions réglementaires sont
des ressorts notables pour le développement des éco-entreprises.
Relayant les remontrances de la Commission européenne envers
la France, les éco-entrepreneurs considèrent que la transposition
des directives européennes en droit français est trop lente.
Les éco-entreprises d'autres pays européens sont parfois opérationnelles
quand les françaises ne sont qu'en phase de préparation technologique.
Autre système normatif favorable : la certification environnementale
et l'obligation de remise de rapports sociaux et environnementaux
faites aux grandes entreprises doivent être encouragées. Enfin,
les éco-entrepreneurs apprécient particulièrement le couple
taxation des pollueurs/subventions à l'équipement antipollution.
L'accompagnement financier des collectivités locales ou des
industries polluantes par des organismes publics comme l'ADEME
ou les Agences de l'eau leur offre des marchés sûrs.