Transformations
des déchets : qu'y a-t-il après le tri ?
En France, nous sommes 49 millions de personnes à trier nos
déchets. La collecte sélective est le début du processus, qui
correspond au réflexe de tri des foyers : séparer verre, carton,
papiers, magazines, plastiques et métaux. Ainsi rassemblés,
les "recyclables" n'ont plus qu'à être expédiés vers les centres
de tri. Ce réflexe de tri imposé aux citoyens est à la fois
un gain de temps considérable et une économie d'argent pour
les communes. Zoom sur les "recyclables".
Le verre
La production française totale de déchets en verre est estimée
à plus de 3 millions de tonnes par an. Le verre, qui est recyclable
à 100 % et indéfiniment, l'est à hauteur de 50 % en France.
Après les opérations de nettoyage, il est broyé. Transformé
en calcin, il est réutilisable dans les industries verrières.
Seule limite : la couleur. Le verre blanc ne peut être fabriqué
à partir d'un verre coloré. C'est pourquoi il est possible que
le tri par couleur s'impose à l'avenir, comme dans certains
pays d'Europe.
Le plastique
Les déchets en plastique représentent 2,9 millions de tonnes
par an. On collecte moins de 5 % du gisement récupérable. Les
deux grandes familles de plastique, PVC et PET, ne subissent
pas le même traitement. Le PET, ou polysthylene terephtalate,
est un type de polyester que l'on utilise dans la fabrication
de bouteilles solides. C'est le plastique le plus facilement
recyclable. Il est lavé, séché et réduit en fibres, pour être
ensuite utilisé pour la fabrication de nouveaux emballages,
le rembourrage de vêtements et de couettes, la fabrication de
barquettes ou de laines polaires.
Le PVC, ou polychlorure de vinyle, est utilisé pour les canalisations,
les fenêtres et les gants.
Une fois les corps étrangers écartés, les PVC sont comprimés,
lavés et transformés en poudre. Cette poudre sert alors à la
fabrication de nouveaux produits : tubes et tuyaux employés
dans le bâtiment, câbles, revêtements de sol, contreforts de
chaussure.
La filière papier-carton
6,5 millions de tonnes, c'est le poids des déchets annuels en
papier-carton. En France, ces derniers sont recyclés à moins
de 20 %. Pour fabriquer du papier journal, journaux, magazines
et papiers sont désagrégés dans de l'eau savonneuse. Après plusieurs
bains, l'encre disparaît et laisse une pâte blanche. Aujourd'hui,
réaliser une tonne de pâte à papier à partir du bois consomme
trois fois plus d'énergie qu'à partir de vieux papiers. Les
cartons d'emballages eux aussi sont recyclés et réutilisés pour
de nouveaux emballages.
La filière métal
Les déchets en métal (canettes, boîtes de conserve) sont broyés
et compactés. Ils rattrapent ainsi rapidement un cycle industriel.
L'aluminium est réemployé chez les affineurs. L'acier est refondu
dans 75 % des cas via la filière électrique. Pour le reste,
il sert à la fabrication traditionnelle d'acier (haut fourneau).
Aujourd'hui, 40 % de la production totale d'acier provient du
recyclage. Quant à l'aluminium, sa récupération assure 30 %
des besoins français. Les matières premières secondaires prennent
ensuite le chemin des marchés nationaux et internationaux de
substances valorisées.
Le financement du recyclage : taxe ou redevance ?
La taxe : Il s'agit d'une taxe additionnelle à la taxe foncière,
qui concerne 80 % de la population. Ce système de financement
fait de la gestion des déchets un service administratif. Basée
sur la propriété foncière et sans rapport avec le volume des
déchets, la taxe est souvent critiqué. La redevance : Son montant
est proportionnel au coût du service rendu, en fonction de la
taille du ménage, de la fréquence et du mode de collecte. Elle
concerne environ 10 000 communes. La mise en oeuvre de ce système
fait de la gestion des déchets un service industriel et commercial.
Plus difficile à percevoir que le système de taxe, il est considéré
comme plus juste.