EADS
: promouvoir l'égalité et la mixité professionnelle
dans ses métiers
Un entretien avec JACQUES MASSOT, Directeur des ressources humaines
France d'EADS
Le groupe EADS (European Aeronautic Defence and Space Company),
leader mondial de l'aéronautique, de l'espace et de la défense
a signé fin juin 2004, avec l'ensemble des organisations syndicales
un accord visant à garantir l'égalité et la mixité professionnelles
au sein de EADS en France.
Quelles sont les modalités de cet accord ?
Nous avons tenu, par cet accord, à balayer toutes les problématiques
de l'égalité professionnelle.
Le premier chapitre porte sur l'égalité professionnelle au sein
du groupe. Il traite de l'évolution de carrière des femmes et
aborde la politique d'augmentation salariale et de promotion
individuelle, qui sont les sujets les plus sensibles. Mais il
comporte aussi des volets accès à la formation professionnelle
continue pour les femmes et gestion de la parentalité. Nous
nous soucions donc des aménagements relatifs aux congés de maternité
et aux congés parentaux (qui peuvent d'ailleurs être pris par
la femme comme par l'homme jusqu'à 4 ans après la naissance).
Le groupe EADS essaiera de favoriser les aménagements d'horaires
et de charge de travail, comme l'accès au temps partiel pour
les femmes qui en expriment le désir. Le deuxième chapitre regroupe
les actions relatives à la mixité professionnelle. Dans ce cadre,
nous mènerons des actions de promotion des métiers de l'Aéronautique,
de l'Espace et de la Défense auprès des jeunes filles. Nous
chercherons également à féminiser notre recrutement, notamment
pour les emplois techniques, particulièrement délaissés par
les femmes.
Enfin nous voulons nous donner les moyens de tenir nos engagements
: il est prévu de mesurer régulièrement, par des indicateurs
de progrès, la réalisation des objectifs assignés par l'accord.
Il faut que les divers responsables des ressources humaines
se posent systématiquement la question : "quid des femmes ?"
depuis le recrutement jusqu'au suivi des carrières. Ensuite
cela deviendra naturel et évident.
Quelle est actuellement la place des femmes chez EADS et
quels sont vos objectifs à moyen terme ?
La proportion moyenne de femmes chez EADS, tous pays confondus
est de 15%, sachant qu'en France ce taux est d'environ 17%.
La France, du moins chez EADS, n'est donc pas trop mal placée
concernant la mixité des carrières scientifiques.
Notre objectif ? Arriver le plus tôt possible à une proportion
de 20% de femmes dans tous nos secteurs. Notons que chez EADS
France, les écarts de salaire n'atteignent pas 25% (ce qui correspond
à la moyenne nationale) entre les hommes et les femmes. En fait
le fossé se creuse entre 30 et 40 ans au moment des arrêts liés
à la maternité. Les écarts commencent à être patents car il
y a des carrières qui se bloquent. C'est là qu'il faut vraiment
trouver des solutions.
Comment inscrivez-vous votre démarche dans le monde scientifique,
qui souffre d'une relative désaffection de la part des femmes
?
Pour rendre cette mixité possible, nous ne pouvons réduire notre
champ d'action à notre seule entreprise. Nous nous sommes donc
fixés pour objectif d'améliorer l'attractivité des sciences
et des techniques chez les jeunes filles. Nous voulons les inciter
à se diriger vers ces carrières.
Dans cette optique nous avons noué des partenariats avec plus
de 50 établissements supérieurs. Dans le même esprit, le groupe
va développer considérablement les possibilités de stage pour
les jeunes filles. Enfin, des manifestations de sensibilisation
à travers des forums métiers, des portes ouvertes EADS comme
le programme "Girls Days" - viennent compléter ce dispositif.
En dehors du cadre éducatif, EADS soutient des initiatives originales
comme le Prix Irène Joliot-Curie lancé par le Ministère délégué
à la recherche. Trois prix récompensent les actions entreprises
pour inciter la présence des jeunes filles dans les études scientifiques,
pour promouvoir les femmes dans le monde de la recherche et
mettre en valeur les parcours professionnels exemplaires de
femmes dans la recherche publique ou privée.