Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud)
a constaté en 2000 que sur 174 pays étudiés aucun "ne traite
les femmes à l'égal des hommes", que les femmes représentent
70% des 1,3 milliard de personnes vivant dans un état de pauvreté
absolue, que leur travail non rémunéré peut être évalué à 11
000 milliards de $ par an. Or les différentes ONG impliquées
dans les Droits de l'Homme et en particulier ceux des femmes
ont largement contribué à faire évoluer les esprits et à faire
émerger, par-delà la diversité des conditions féminines dans
le monde, la conscience de certains enjeux communs qui irrigue
maintenant largement le droit international.
C'est en 1945 que l'égalité des femmes et des hommes a été posé
comme principe fondamental de la personne à travers l'adoption
générale de la charte des Nations Unies.
Depuis 1975, les soins de santé aux femmes et aux fillettes,
en plus de leur éducation, sont une préoccupation pour la plupart
des gouvernements de la planète. Le PNUD a donc élaboré un indicateur
sexos-pécifique du développement humain et un indicateur de
participation (mesuré d'après leur représentation dans les Parlements,
leur place dans l'encadrement professionnel et les professions
libérales, et leur accès aux revenus). En décembre 1993, les
Nations unies ont adopté la Déclaration sur l'élimination de
la violence à l'égard des femmes, qui traite de la violence
contre les femmes en tant que violation des droits humains.
En 1979, la communauté internationale décidait d'éliminer la
discrimination sexuelle qui s'exerçait contre les femmes en
adoptant la CEDEF (Convention pour l'Élimination de toutes formes
de Discrimination à l'Égard des Femmes) ou CEDAW.
La convention des droits de l'enfant, adoptée en 1989, a encouragé
des lois déterminantes concernant les Mutilations Génitales
Féminines chez les fillettes (en 1997) et les mariages précoces
(notamment au Koweït, en 1998). Des liens évidents ont été reconnus
entre la pauvreté, le manque de démocratie et la discrimination
à l'égard des femmes, notamment lorsqu'elle réduit l'accès à
ces soins. Inversement, plus les femmes sont scolarisées et
prennent part à la vie publique, plus elles prennent conscience
de leurs droits et leur sort s'améliore.
Aujourd'hui plus des deux tiers des pays du monde, dont presque
tous les pays d'Amérique Latine, ont révisé leur constitution
de manière à améliorer la condition féminine. En 1999, le Venezuela
a intégré à sa Constitution les droits en matière de reproduction
et d'égalité entre les sexes a été inscrit dans la constitution.
Certains pays ont adopté et autorisé l'utilisation de contraceptifs
avec suivi spécifique. Il s'agit notamment du Pérou, du Brésil,
de la Thaïlande, du Paraguay, du Japon et du Cambodge L'amélioration
de la condition de la femme a touché d'autres pays comme l'Albanie,
le Burkina Faso, l'Équateur, Fidji, Madagascar, la Pologne et
le Soudan qui ont révisé leur Constitution de manière à interdire
la discrimination fondée sur le sexe. La France a amendé en
2000 sa Constitution de manière à promouvoir l'accès égal des
femmes et des hommes aux charges électives. Le Luxembourg a
criminalisé la discrimination fondée sur le sexe dans la plupart
des aspects de la vie sociale. Le Cap-Vert et la République
tchèque ont instauré un nouveau code de la famille qui garantit
l'égalité des droits et des devoirs dans le mariage. L'Afrique
du Sud a prescrit l'égalité de statut des époux dans les mariages
coutumiers. Au Pakistan, le mariage ne peut plus être valide
sans le consentement des deux futurs époux et un tuteur n'a
plus le droit de donner son consentement au nom de la femme
sans son approbation.
En matière de droit international humanitaire, la Cour Pénale
Internationale, lors d'une conférence en 1998, a ajouté à sa
définition de crime de guerre un statut relatif à la justice
contre les auteurs de crimes sexuels, aux termes duquel le viol,
l'esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée,
la stérilisation forcée et d'autres formes de violence sexuelle
constituent de "graves violations" des Conventions de Genève
contre les crimes de guerre.
Le saviez-vous ?
Les MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) atteignent
5 fois plus de femmes que d'hommes.
Dans le monde entier, 130.000.000 de fillettes et de
jeunes femmes ont subi la Mutilation Génitale Féminine (MGF).
A l'échelle de la planète, au moins 1/3 des femmes ont
été battues, contraintes à des rapports sexuels ou maltraitées
de quelque autre manière, la plus souvent par une personne de
sa connaissance.
Pas moins de 5.000 femmes et filles sont victimes, chaque
année, des " crimes d'honneur, souvent pour le déshonneur d'avoir
été violées, dont 1.000 pour le seul Pakistan.
Au moins 60.000.000 de filles "manquent à l'appel" du
fait d'avortements, d'infanticides ou d'absence de soins en
raison de leur sexe.
D'après la Banque Mondiale, dans les pays industrialisés,
agressions et violences sexuelles privent les femmes de 15 à
44 ans de près d'une année de vie en bonne santé sur 5.
Les 2/3 des 300.000.000 d'enfants qui n'ont pas accès
à l'éducation sont des filles et les 2/3 des 880.000.000 d'analphabètes
sont des femmes.
Dans une douzaine de pays, aucune femme ne siège encore
au parlement et, dans 8, au moins, elles n'ont pas le droit
de vote.
Les femmes représentent 13% des parlementaires du monde
entier, contre 7% en 1975. Dans 9 pays seulement la proportion
de femmes au parlement national atteint au moins 30% (objectif
fixé par la quatrième Conférence mondiale sur les femmes). Ces
pays sont l'Afrique du sud, l'Allemagne, le Danemark, l'Érythrée,
la Finlande, l'Islande, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède
(avec plus de 40 %).
La Journée Internationale des femmes
Son initiatrice est Clara Zetkin, une journaliste allemande.
Elle a réuni à Copenhague, en 1910, une confédération internationale
de femmes socialistes venues de 17 pays pour créer une "Journée
internationale des femmes" afin d'obtenir, en premier lieu,
le droit de vote. Fêtée pour la première fois en 1911, a connu
un grand succès. 30.000 femmes ont défilé dans les rues de Vienne
pour l'occasion. En 1921, Lénine décide d'une "Journée internationale
des femmes", dont il fixe la date au 8 mars, en souvenir des
ouvrières de St-Pétersbourg.
Les Nations Unies adoptent en 1977 une résolution pour inviter
chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits
des femmes. En 1982, en France, le gouvernement instaure le
caractère officiel de la célébration de la journée de la femme
le 8 mars.