Par Khadidja Khali, Présidente de l'Union Française
des Femmes Musulmanes
Notre association soutient les femmes musulmanes qui souffrent
de discriminations aussi bien dans leur vie quotidienne que
pour trouver un emploi. Aujourd'hui encore il n'est pas toujours
facile de s'appeler Fatima ou Khadidja comme moi-même. Les filles,
à diplôme égal, étaient rejetées ! Mais des progrès ont été
réalisés. Madame Alliot-Marie nous a invitée et s'est particulièrement
impliquée pour que les femmes musulmanes soit aussi bien intégrée
que toutes les françaises dans l'armée, sans autre distinction
que leur mérite. Ensuite nous encourageons fortement les jeunes
musulmanes à voter et à s'engager politiquement pour lutter
contre toute discrimination. Elles doivent se faire reconnaître
comme des citoyennes à part entière. A chaque élection nous
avons mené des campagnes de citoyenneté pour les encourager
à s'inscrire sur les listes électorales. Notre association oeuvre
aussi pour une intégration harmonieuse des femmes et familles
musulmanes, tout en respectant leur spécificité culturelle qui
n'est pas une question de culte, puisque nous avons des chrétiennes
dans notre association. Entre femmes juives, musulmanes, chrétiennes
ou agnostiques, des relations fraternelles peuvent s'instaurer.
Nous célébrons depuis plus de 25 ans un arbre de Noël pour illustrer
ce dialogue entre religions. On parle actuellement beaucoup
d'antisémitisme : or nous avons été les premières à encourager
un dialogue entre femmes juives et musulmanes avec "Coopération
Féminine Juive". Nous avons invité de jeunes filles juives à
la Mosquée de Paris, établi des jumelages avec d'autres femmes
chrétiennes ou juives. Non seulement nous n'avons jamais eu
de problème, mais cela a été une grande réussite : elles ont
tissé des liens parfois amicaux. C'est une réalité dont on parle
malheureusement peu dans les médias. Nous avons également reçu
des femmes palestiniennes et israéliennes à la Mosquée de Paris
dès 1982. Le travail se poursuit et je crois qu'il porte ses
fruits. Or les femmes sont les premières actrices de ce dialogue
des cultures.