Promouvoir
une politique de réseau au niveau européen
Cette politique nationale des pôles de compétitivité entre dans
un cadre européen plus général de soutien à la compétitivité.
A Lisbonne, en 2000, les chefs d'Etat et de gouvernement européens
avaient fixé l'objectif de faire de l'Europe la première région
du monde pour sa compétitivité d'ici 2010 en consacrant 3% du
produit intérieur brut à la recherche. Cinq ans après, force
est de constater que le but est loin d'être atteint et qu'aucun
pays n'a tenu les objectifs fixés à l'exception de la Finlande
et de la Suède. Elles sont ainsi les seules à avoir tenu l'engagement
de consacrer 3% de leur produit intérieur brut aux activités
de recherche et développement.
Le phénomène des clusters européens
Le phénomène des réseaux d'entreprises ou clusters n'est pas
nouveau en Europe. Longtemps, le modèle de référence en Europe
a été celui des districts italiens. Ces dernières années, les
modèles danois, allemand et espagnol se sont imposés après l'exemple
américain emblématique de la Silicon Valley. Aujourd'hui, les
pays émergents, tels que la Chine, le Brésil ou l'Inde connaissent
également des logiques de développement économique semblable.
En Europe, on peut distinguer quatre familles de réseaux d'entreprises
: grappes de PME, systèmes organisés autour d'une ou plusieurs
grandes firmes, pôles technologiques et systèmes agroalimentaires,
selon une typologie établie dans son rapport de la Datar sur
la politique industrielle de la France. L'exemple des bio-clusters
ou pôles biotechnologiques témoigne de l'importance des politiques
publiques dans la politique de clusters. Ils sont aujourd'hui
une cinquantaine en Europe. Contrairement aux premiers clusters
nord-américains développés spontanément, la formation des bio-clusters
européens a été induite par de grandes impulsions publiques.
En effet, l'intervention publique s'est faite au niveau national
et local. L'Etat s'est chargé de financer les infrastructures
scientifiques à la base de tout cluster. Ce fut le cas en Allemagne,
dans les années 80 avec le financement des "Gene centers" ou
en France avec la constitution du Genopole d'Evry. Le rôle des
échelons locaux a lui aussi été fondamental. La politique fédérale
allemande a été relayée par les Lander qui ont investi dans
la construction d'incubateurs et de bioparcs.
Relance de la stratégie de Lisbonne
Au sommet européen de l'automne 2004, l'ancien chef de gouvernement
néerlandais, Wim Kok, a rendu aux 25 chefs d'Etat et
de gouvernement un rapport affirmant que "l'écart de compétitivité
entre les Etats-Unis et l'Europe s'est creusé au cours des cinq
dernières années", soit cinq ans après la mise en place
de la stratégie de Lisbonne. Un programme trop chargé, une coordination
insuffisante et des priorités divergentes sont présentées dans
ce rapport comme les causes d'explication de l'échec de la stratégie
de Lisbonne. Pour atteindre une masse critique de Recherche
et Développement suffisante et pour renforcer la compétitivité
européenne en maintenant une industrie au niveau mondial, une
mise en réseau à l'échelle européenne des initiatives nationales
est nécessaire. Dans ce contexte de partenariats autour de la
R&D, le programme Eurêka et le Programme cadre de Recherche-développement
offrent des structures pour des projets de R&D européens. Ils
sont complétés par d'autres partenariats européens, souvent
interrégionaux, dont l'ambition est de créer des synergies et
des échanges fructueux pour l'innovation.
Les programmes cadre de recherche et développement technologique
(PCRDT) sont les instruments de la politique de recherche de
l'UE. Le 1er couvrait la période 1984-1987. Le 6ème programme
cadre récemment défini (2002-2006), doté d'un financement de
17,5 milliards d'euros, soit près de 4 % du budget européen
était en augmentation de 8,8 % (hors inflation) par rapport
au programme précédent. Ses objectifs : - mettre fin au cloisonnement
de la recherche et de l'innovation en Europe et favoriser la
coordination des efforts en concentrant les moyens sur des pôles
de recherche, notamment pour les technologies de l'information,
la génomique et le développement durable. Par ailleurs, il s'agit
de structurer l'espace européen de la recherche (EER) en favorisant
la mobilité des chercheurs (bourse de recherche Marie Curie)
et en participant à la modernisation des infrastructures de
recherche (ex : télescope, réseau de communication à haut débit
GEANT). Dans le cadre de la politique communautaire de développement
régional, le programme Interreg III, est une nouvelle initiative
communautaire du FEDER (le Fonds européen de développement régional)
pour la période 2000-2006. Le budget total alloué à cette initiative
communautaire s'élève à 4.875 milliards d'euros pour la période
2000-2006.
La révision à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne a constitué
l'un des principaux sujets au menu du Conseil européen de Bruxelles
des 22 et 23 mars derniers. Le Conseil y a alors redéfini trois
priorités : améliorer l'investissement dans les réseaux et la
connaissance, renforcer la compétitivité de l'industrie et des
services et, enfin, promouvoir la prolongation de la vie active.
L'objectif d'un niveau d'investissement de 3% dans la recherche-développement
a été réaffirmé et l'accent mis sur l'amélioration du statut
des chercheurs, l'aide aux PME innovantes, et une collaboration
entre université et entreprises. Sur le deuxième point, les
priorités porteront sur la réduction des charges administratives
des entreprises, la baisse générale des aides d'Etat et l'accès
des PME aux financements communautaires.