L'appel à projets lancé en novembre 2004 par le Gouvernement
en vue de sélectionner des pôles de compétitivité a abouti au
dépôt de 105 candidatures. Ce chiffre est déjà un grand succès
; allié à la qualité d'un grand nombre de candidatures reçues,
il est la preuve que la question de l'attractivité de nos territoires
pour les activités économiques, notamment au travers de la R-D
et de l'innovation, est devenu un enjeu majeur pour les acteurs
locaux.
Nous avons recueilli des projets innovants, concrets, porteurs
de développement économique, qu'il faudra soutenir pour les
plus structurants d'entre eux.
L'originalité de ce processus a permis à nombre d'acteurs académiques,
industriels et publics, de se rapprocher et de prendre conscience
des ressources et des atouts de leur territoire en termes de
potentiels économiques. Les participants nous affirment que
les projets coopératifs et à vocation économique qu'ils bâtissent
ensemble seront mis en oeuvre, qu'ils soient soutenus ou non
par les pouvoirs publics. L'aide publique jouera alors le rôle
d'accélérateur et de catalyseur de leur exécution. C'est pourquoi
je suis très heureux de l'enthousiasme qu'a suscité cet appel
à projets.
Toutefois, chacun comprendra qu'il ne peut y avoir 105 pôles
de compétitivité: un pôle de compétitivité, c'est la présence
sur un même territoire d'entreprises, de laboratoires de recherche
et d'investissements d'enseignement supérieurs, qui ont des
projets de développement coopératif et une réelle visibilité
internationale. C'est la satisfaction de l'ensemble de ces critères
qui détermine le nombre de pôles, et non un numerus clausus
ou une contrainte budgétaire.
En tenant compte du secteur auxquels ils se rattachent, l'analyse
des projets confirme que l'industrie française est en forte
mutation, elle garde des atouts majeurs dans des domaines classiques
mais doit les conforter pour rester compétitive. Ses positions
fortes dans le secteur des technologies de la société de l'information
doivent cependant être encore être renforcées.
Par ailleurs, des rapprochements originaux nés de la dynamique
de l'appel à projets ont également permis de faire apparaître,
pour certaines industries, des ressources en termes de compétitivité
qu'une simple analyse sectorielle n'aurait pas permis de dégager.
Le premier bilan de ces 105 candidatures conduit également à
constater une spécialisation des territoires sur des thématiques
qu'ils ont choisies comme étant structurantes pour leur développement.
Cette structuration de l'offre territoriale française, dans
un contexte de mondialisation, est un atout évident quand il
s'agit d'attirer des investissements internationaux. Un premier
fléchage vers les territoires à hauts potentiels dans le domaine
recherché par l'investisseur, la possibilité d'implantation
dans un terreau habitué ou ayant la volonté d'un travail coopératif
et efficace, et enfin la possibilité de soutiens publics sont
autant d'arguments de vente pour l'attractivité de la France
dans des domaines technologiques.
Enfin, il est évident que la politique des pôles doit contribuer
à créer des emplois, même si il n'y aura naturellement pas d'effet
immédiat de la politique des pôles dans ce domaine : la reconversion
d'industries classiques vers des produits à haute valeur ajoutée
ne se fait pas toujours avec une création nette d'emplois directs
: la reconversion d'emplois et d'activités peut être nécessaire.
En revanche, quand cette reconversion réussit, les emplois générés
par des productions plus innovantes et donc à plus haute valeur
ajoutée ont un effet très positif sur le tissu économique et
l'emploi local, grâce aux sous-traitants et aux services.
Ce premier appel à projet a permis de constater que le développement
économique via la valorisation de la recherche et l'innovation
est devenu un objectif partagé entre acteurs publics, académiques
et privés.
Entretenir, développer et amplifier cette dynamique est un enjeu
majeur si l'on veut, pour un certain nombre de projets, transformer
l'essai.